PORTUGAL

Drapeau du
                Portugal

Décembre 2018
(3 932 km)

Jean-Paul, Monique et Hermione à bord de l'Exsis
 


12 531    Mercredi 12 décembre 2018 : de CAEN - MONDEVILE à CELLE-SUR-BELLE (Niort) (493 km)

Lever relativement tôt cette fois-ci, je pense avoir retrouvé ma forme habituelle… et en plus le ciel est presque complètement bleu, même si le fond de l’air reste frais (5 à 6°) et humide. Je vais prendre une longue douche chaude et un shampoing dans la cabine de l’accueil, ce qui me permettra de poser la patère achetée à mon arrivée en octobre. La laveuse n’a toujours pas été remise en ordre, ce qui décide Monique à appeler une autre fois chez la syndic, toujours pas rejoignable… Du coup elle manifeste son impatience auprès de la pauvre standardiste qui n’en peut mais, puis demande à parler au patron M. Gardie, qui est occupé, mais devrait rappeler sur foi du message… Nous n’en entendrons pas parler de la journée !

Monique achève ses lavages à la main et ses bagages (dont la valise destinée à Montréal qui prend place dans la soute), je considère encore un moment le moyen de remonter le store Remis endommagé, puis y renonce faute d’outils adéquats. Je charge alors les sacs de déchets et quelques autre rebuts que nous laisserons à la déchetterie, les ménagères de couverts en inox pour la salle des ventes de Rennes, et puis nous quittons les lieux en remarquant une camionnette de service devant la borne : un technicien est en train de changer le compresseur de la station de gonflage (qui pourtant me semblait fonctionner jusque récemment…), mais il n’a pas reçu de commande pour le tuyau, de toute évidence H.S., dont je lui fais remarquer l’inadéquacité et la vétusté. Encore un autre intervention inutile et bête de notre chère syndic !

Nous traversons la ville pour commencer par faire le plein de GPL route de Douvres, puis allons faire nos adieux à Maman, toujours aussi surprise - et heureuse - de nous voir. Nous gagnons ensuite la rue des Carrière pour faire le plein d’eau et la vidange chez Boutelet. Comme la journée est déjà ben avancée, je renonce à me rendre jusqu’au magasin pour aborder la question des chaînes à neige, inutilisable, ce sera pour mon retour. Nous prenons enfin la route passé 15:20 pour rattraper l’autoroute A84 vers Rennes. Trajet rapide et sans anicroche, nous sonnons chez les B. à 17:00 tapant. Gentil accueil d’Hubert, souriant, et Cécile, empressée, qui m’offre une tasse de tisane (citron- gingembre, ça ravigote !). Monique qui a dormi le long de la route pourra continuer à relâcher son stress accumulé depuis 2 mois, je la laisse encore un peu amortie avec la suggestion de visiter la boutique Free pour équiper le téléphone destiné à Hermione; de son côté elle me suggère de faire des étapes courtes… Nous nous quittons à 17:45, je repars en direction de Nantes où je fais une longue pause dans l’hyper Carrefour pour ramasser quelques produits français que je crains de ne pas trouver de l’autre côté de la frontière, puis soupe sur le parking avant de repartir dans la nuit passé 21:00.

Je roule vers le sud sur la 4 voies jusqu’à Cholet, puis jusqu’à son interruption en arrivant à Bressuire. J’arrête enfin à l’écart de la circulation sur le parking désert d’un Intermarché. J’ai quasiment complété le premier quart du parcours jusqu’à Lisbonne, sans être trop fatigué, cela augure bien de la suite ! J’avale un yogourt et rédige ces quelques notes et me couche un peu avant minuit.


13 024    Jeudi 13 décembre 2018 : de CELLE-SUR-BELLE à PLASENCIA (1 055 km)

Aube-en-filant-vers-le-sud
Lever du soleil sur la route
Réveillé à 7:20 par la circulation qui commence à s’amplifier sur la nationale toute proche, je décolle 10 minutes plus tard, remettant à une halte ultérieure douche et déjeuner. Il fait encore nuit, seule une vague lueur commence à éclairer le ciel grisâtre. Depuis la route, une heure plus tard,  je vois cependant apparaître le soleil, d’abord une lumière jaune diffusant derrière le couvert nuageux gris stratifié. Puis la demi-cercle d’or émerge progressivement derrière un fond de collines, au loin. Hélas cela ne durera pas, puisque très - trop - rapidement son rayonnement sera absorbé par les nuages qui envahiront bientôt toute l’étendue du ciel.

La route file plein ouest, le GPS me fait prendre un «raccourci » vicinal rapide car à peu près désert, jusqu’à rattraper la N10 qui elle se dirige plein sud. Je contourne Angoulême par sa périphérie et poursuit la N10 jusqu’à Bordeaux, avec une seule interruption d’une dizaine de km où le chantier, presque terminé, semble abandonné (?). La N10 se déverse alors dans dans la A 10, elle encore plus encombrée, franchit la Gironde et offre le contournement de la N230 juste avant un énorme bouchon au moment de franchir la Garonne. Je rattrape ainsi sans problème la A63, l’autoroute des Landes, en direction de Bayonne et de la frontière espagnole. Elle est gratuite sur une quarantaine de km, jusqu’à ce que je sois dévié en direction de Mont-de-Marsan par une excellente route assez rapide qui me fait traverser quelques villages typiques et beaucoup de forêts en divers phases d’exploitation.  La pluie s’est malheureusement mise de la partie, elle ne me quittera pas du reste de l’après midi, jusqu’à ce que je quitte le Pays Basque espagnol. En entrant à Mont-de-Marsan, je trouve la D824, tout du long en 4 voie rapide, qui me mène à l’entrée de Bayonne.

Et là le cauchemar commence : pas de route rapide qui traverse la très longue agglomération, passant de Bayonne à Biarritz puis toute une ribambelle de station le long de la côte jusqu’à St Jean-de-Luz. C’est ou l’autoroute (chère, bien entendu) ou une suite de rues très urbanisées, où la vitesse obligatoire (radars) change sans arrêt, les feux et les stops innombrables, sans parler des priorités à respecter. Circulation bien sûr plutôt dense (et encore sommes-nous hors saison !), relief accusé et virages incessants, chaussée de qualité souvent médiocre et étroite… Je passe près de 2 heures à franchir la trentaine de kilomètres concernés, jusqu’à mon passage de la Bidassoa qui me donne - enfin - accès au territoire espagnol. Et là tout change : indications claires, circulation fluide. t

Très rapidement je me retrouve sur une quatre voie rapide avec grande courbes redressées à flanc de montagne, tunnels et viaducs qui me fait contourner San Sebastian et rattraper l’autovia vers Tolosa puis Vittoria-Gasteiz (A 1). À 15:32 je suis sur l’autovia passé San Sebastian, fais le plein de gasoil à 1,19 € et déjeune, puis repars aussitôt.

Route plutôt acrobatique et sinueuse, parcourue déjà plusieurs fois, mais rapide et efficace pour franchir les montagnes du Pays Basque en remontant ses vallées jusqu’au plateau intérieur. Les paysage serait spectaculaire s’il ne pleuvait à seau, ce qui tend la conduite très stressante et requiert toute mon attention.
Sur-la-route-et-sous-la-pluie-pres-de-San-Sebastian
Sur l'autovia vers Tolosa et sous la pluie battante (10:12)

Les 4 voies de la A 1 s’interrompent à Miranda de Ebro pour se muer en autopista à péage. Fidèle à mon choix de n’emprunter que des routes gratuites, je gagne donc Burgos par la A1 parfaitement aménagée en voie rapide, mais à chaussée unique. Heureusement elle n’est que très peu fréquentée et offre de fort beaux passages de défilés et autres paysages sauvages, si bien que j’y roule presque toujours au dessus de 100 km/h, soit pas bien loin du 120 km/h autorisés sur l’autopista parallèle. Je contourne Burgos vers 17:00 et enfile ensuite une longue suite d’autovia, plus ou moins chargées, où les radars sont rares et bien signalés (portiques illuminés) si bien qu’en suivant le trafic je roule le plus souvent entre 120 et 130. Je passe ainsi en les contournant Palencia, Valladolid, Salamanca et suis en route vers Caceres lorsque je décide d’arrêter au centre de Plasencia. Il est presque 22:00, le ciel est maintenant très clair, j’ai peiné à trouver un village accueillant (l’espace y est rare et souvent pentu !). Je suis donc sorti pour me hasarder dans la petite ville de Plasencia, fort jolie avec les murailles de son château en haut de la butte et son vieux pont en dos d’âne au dessus du rio encaissé. Toute petite place sur le quai à l’entrée du pont exigu que je devrai franchir demain pour quitter mon havre et regagner l’autovia vers Caceres, à une centaine de km. Souper, écriture du journal, je me couche à minuit et demi.


14 089    Vendredi 14 décembre 2018 : de PLASENCIA à EVORA (306 km)

Lever à 6:45 pour quitter discrètement ma presque impasse, de peur de devoir faire marche arrière sur près de 200 m au cas où je n’arriverais pas à négocier l’entrée du pont, étroite et à angle droit…  En fait l’Exsis est à peine plus long (5,45 m) que le 5 m annoncé sur le panneau d’avertissement placé en tête du pont, et je passe largement et rapidement le vieux pont en dos d’âne, fort pittoresque, mais que je ne pourrai photographier puisqu’il fait encore nuit. Je dois refaire le même trajet -  et le seul possible - dans la vieille ville avant de revenir en arrière jusqu’à l’embranchement de l’autoroute que je reprends dare-dare. Trois-quart d’heure plus tard, je verrai poindre l’aube derrière l’horizon de collines en un grand jaunissement à l’est, puis à 8:30 ce sera le soleil qui pointera le bout du nez, illuminant un vaste paysage maintenant beaucoup plus méditerranéen : l’herbe est nettement moins verte qu’hier soir, les oliviers, anciens et plus ou moins bien entretenus, ont envahi les terres qui semblent aussi servir de pâturages à de nombreux bovins. La lumière reste cependant limitée, une large proportions du ciel demeurant cachée par une masse nuageuse d’un léger gris. Avec l’augmentation de la chaleur ce sont même de ténus bancs de brumes qui apparaissent, poussés et effilochés par un vent folâtre.

Pause-dejeuner-sur-une-aire-entre-Merida-et-Badajoz
Pause douche/déjeuner sur une aire entre Merida et Badajoz
L’autoroute file vers le sud-ouest, je contourne la grosse ville apparemment industrielle de Caceres, rate la EX100 directe pour Badajoz et poursuis donc la A 66 vers le sud jusqu’à Merida. Brusque coude plein ouest sur la A5, je déjeune et me douche sur une station service Repsol (Lobón) maintenant bien ensoleillée. Je commence aussi à regarder les listes d’aire de service et les ressources en camping dans Lisbonne, mais ne trouve que celui de Monsanto, très cher et plutôt mal coté par ses usagers (Google Maps). Quant aux aires présentées par le site Camping-car Portugal, leur localisation n’est pas évidente (points GPS, mais pas de carte…) il faudra que j’explore plus à fond. 

Ma nuit trop courte me laissant un peu fatigué, je monte dans la couchette et pique vaguement un somme d’une petite heure. Lorsque je me relever il est 15:30 à ma montre que je réajuste puisque le Portugal accuse une heure de retard sur l’Espagne.

Je reprends bientôt ma route et passe au Portugal sans presque m’en apercevoir, sinon que le GPS me fait quitter l’autovia, jusque là gratuite et qui devient autoroute à péage. Je me retrouve donc sur la nationale portugaise, excellente et peu fréquentée. Je suis dans la partie est de l’Alentejo, avec ses maisons blanches et basses, ses étendues vallonnées et vertes, pour ne pas  dire humide en cette saison, et ses bovins dispersés un peu partout dans les près piquetés de gros vieux oliviers ou de chênes verts. Je passe Elvas sans m’arrêter, fais quelques photos des murailles et du château d’Estremoz en passant et en montant jusqu’aux Portas dos Currais (en rénovation).
Estremoz : la ville haute
Estremoz : la ville haute
Estremoz-Portas-dos-Currais
Estremoz : Portas dos Currais
Estremoz-zoom-sur-le-chateau
Estremoz : zoom sur le château sur la colline

Puis je décide d’aller refaire un petite balade à Evoramonte qui se trouve sur ma route.

Laissant l’Exsis sur la place centrale de la ville basse, au pied de la colline, j’enfile la rude montée de la ruelle grimpante à la ville forte qui couronne la butte. Vite essoufflé, je dois modérer mon effort et finit par franchir, sur le mauvais pavé qui s’en va en morceaux, la porte de la muraille. Evoramont : enceinte et-porte de la ville haute
Evoramonte : enceinte et porte de la ville haute

le-village-depuis le chemin-montant-au-chateau
Le village depuis le chemin montant au château

Evoramonte : arrivée à la porte
Porte de la haute ville d'Evoramonte
Evoramonte : dans la haute ville, ruelle montant
                  vers le château
Evoramonte : dans la haute ville, sur la rue montant vers le château
Derrière elle dorment les restes du village primitif où quelques vieilles maisons retapées servent de boutique pour produits locaux, deux églises (malheureusement fermées), le cimetière et, plus loin tout en haut, le château carré cantonné de 4 tours rondes massives, fendues de longue bouches à feu. Chacune des 4 façades symétriques est ornée des deux curieux gros nœuds sculptés dans la pierre… Et surtout, un panorama extraordinaire sur toute la régions, à 360°. Pas difficile de deviner sa fonction de sentinelle face à l’Espagne voisine, et de bastion avancé précédant Evora, sur la route de Lisbonne. Castello d'Evoramonte
Castello d'Evoramonte
Evoramonte : depuis l'extérieur de la porte est
                  de la ville haute
Evoramonte : depuis l'extérieur de la porte est de la ville haute
Evoramonte : la rue menant à la porte est
Evoramonte : la rue menant à la porte est

Evoramonte-rambarde-en-fer-forge
Evoramonte : rambarde en fer forgé

Evora profil des toits en arrivant
Evora : le profil des toits en arrivant
À peine fatigué mais bien oxygéné par cette - première - petite excursion, je reprends la route jusqu’à Evora que je me suis fixé comme étape pour ce soir.

En vue de cette autre ville perchée vers 16:45, je commence par déjeuner, ma marche m’ayant laissé avec un petit creux, puis repère sur l’atlas une zone de parking sous les murs portant le Jardin Public, au sud.

Bien guidé par le GPS j’y découvre effectivement de vastes espaces libres envahis par moult voitures… et quelques camping-cars. J’y ai vite trouvé une place et m’organise pour la soirée : lecture des nouvelles et mails reçus depuis 2 jours, écriture du journal, étude de la liste des points de chute dans Lisbonne ou à proximité. Demain je m’attaquerai aux quelques bricolages que je compte bien liquider durant les prochains jours : DEL dans le placard sous la cuisinette, changement du contacteur de la penderie, remontage du store avant et, si je trouve du câble, branchement des deux compteurs de Coulomb.

Coucher dans la rumeur urbaine, qui devrait s’atténuer en soirée, mais me réveillera sûrement tôt demain matin !


14 395    Samedi 15 décembre 2018 : EVORA (3 km)

Journée tranquille qui commence par une grasse matinée jusqu’à 10:00… Il fait gris mais doux, je remets à plus tard mon tour en ville pour m’attaquer après déjeuner à la remise en fonction des deux brûleurs du réchaud. Démontage et décapage du petit couvercle en inox, débouchage des gicleurs avec une aiguille emmanchée sur une gaine de plastique, grattage de toute la crasse accumulée… Rien n’y fait. Je tente alors de démonter le corps des brûleurs  mais il me manque un tourne-vis fin et fort. J’en bricole un avec un tournevis d’horloger serré dans la wise-grip et réussis à débloquer les 2 vis latérales qui semblent retenir la partie haute, mais sans que les deux parties du brûleur ne se désassemblent… Après 2 heures de vains efforts, j’abandonne la partie et demanderai la remise en ordre du réchaud directement au SAV de Dometic à Rennes, dont j’ai trouvé l’adresse sur le net. Evora-bivouac-av.-General-Humberto-Delgado
Evora: bivouac av. General Humberto Delgado

Du coup l’après-midi est déjà bien avancé, et je sens que la lumière ne tardera pas à baisser. Aussi je remets tout en ordre, range les outils dispersés autour de moi et après un bon repas rapide (une boite de mitonné de mouton réchauffée sur l’unique brûleur fonctionnel...) j’enfile mes deux polars et ma chapka, glisse le Guide Vert dans la poche intérieure et, suivant l’itinéraire tracé dans le guide, me lance à la redécouverte de la petite ville ancienne.

Beaucoup d’églises, bien entendu, quelques beaux hôtels en bel état, et surtout le charme des petites rues étroites qui tournicotent entre les façades blanches.

Evora-vers-San-Francisco
Evora : en montant vers l'église Sao Francisco
Nef de San Francisco
Nef de l'église Sao Francisco
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Evora : chapelle du transept de Sao Francisco
Evora : voutes du choeur de Sao-Francisco
Evora : voûtes du chœur de Sao Francisco

Chapelles latérales de Sao Francisco
Chapelles latérales de Sao Francisco

Evora : façade de l'igreja de Nossa Senhora da
                  Graça
Evora : façade de l'igreja de Nossa Senhora da Graça
Evora-igreja-de-Nossa-Senhora-da-Graca-geant-de-pierre-de-la-facade.
Evora : géants de pierre sur la façade de Nossa Senhora da Graça

Ma balade me mène jusqu'au  Convento dos Loios  dont les fiers bâtiments XVIIème Baroque ont été convertis en une luxueuse pousada (Auberge d'État). En sortant sur la place en  avant, les colonnes du Temple de Diane  rehaussent encore la classe du site.

Evora : entrée du Convento-dos-Loios conveti en
                  Pousada.
Evora : entrée du Convento dos Loios converti en Pousada
Entrée du cloître du Convento dos los Loios
Entrée du cloître du Convento dos los Loios
Evora-Convento-dos-Loios-restaurant-dans-le-cloitre.
Evora : la salle à manger dans le cloitre du Convento dos Loios
Cloître du Convento de los Loios

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Evora : le Temple de Diana en sortant du Convento

Evora : le
            temple de Diane
Evora : le temple romain de Diana (1er s. ap. J-C) au centre de la place

Ma balade crépusculaire s'achève après la tombée de la nuit en déambulant vers le centre de la vieille ville, admirant aux balcons plusieurs très belles grilles en fer forgé. Les devantures des boutique sont décorées pour Noël, et dans plusieurs, des jeunes femmes maquillées et habillées avec recherche sourient et aguichent le passant. Pratique de marketing nouvelle pour moi !

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Evora : rambarde de balcon en fer forgé

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Evora : début de soirée sur la Praça do Giraldo


La nuit tombe tranquillement tandis que j’achève mon tour sur la grande place centrale où un petit orchestre jazz commence un concert. Sous les arcades toutes sortes de boutiques dont les vitrines réservent quelques surprises...
Evora-boutique-de-bondieuserie
Evora : vitriine de la Praça do Giraldo

Après cette longue marche à la fraîche qui aura duré près de trois heures, je redescend vers l’espèce de grand champ de foire où j’ai laissé l'Exsis par la même rue qui m’avait fait gagner le centre ville, et y retrouve son atmosphère tiède et confortable, appréciée . L’absence de soleil n’aura pas permis à la batterie de récupérer beaucoup (j’avais oublié de débrancher l’onduleur après mon impression d’hier soir… et ne m’en suis aperçu que ce matin). Il faudra donc rouler un peu demain, en allant dormir près de la mer au nord de Lisbonne.
Pour ce soir je resterai à Evora, mais en testant l’aire de service de la ville indiquée sur le site (liste compilée hier soir) et sur le GPS (fichier Garmin installé en même temps). Effectivement je trouve presque aussitôt le bel aménagement, à environ 3 km parcourus en suivant le parcours indiqué sur l’écran. Les quelques stationnements vastes et bien espacés sont à bonne distance de la route, et la borne de service propre et très fonctionnelle. Un seul autre camping-car y a posé son bivouac, je fais de même après avoir refait le plein et vidé la cassette. Evora : bivouac sur l'aire de camping-cars au
                  matin
 Bivouac sur l'aire de camping-cars d'Evora au matin

En soirée je prépare une poêlée d’endives braisées au jambon et raclette dont je me régalerai après écriture de ces notes, et avant de me coucher tôt en poursuivant sur ma liseuse la lecture d’Homo Deus, reprise hier soir.


14 298    Dimanche 16 décembre 2018 : d’EVORA à LISBOA (Parque de Tejo) (261 km)

Finalement je me suis vite endormi sur mon bouquin, n’en parcourant que quelques pages avant  de m'ensommeiller… La petite pluie de fin de nuit ne m’aurait même pas réveillé si je n’avais malencontreusement placé l’Exsis sous les branches d’un arbre. Le lourdes gouttes qui s’en écoulent irrégulièrement n’ont pas tardé à me sortir de mes rêves dès 6:30, et ensuite rien d’autre qu’une vague somnolence guère réparatrice…

Je décolle donc relativement tôt pour prendre la route de Lisbonne où je compte reconnaître l’état des aires de service et stationnements dont j’ai récupérés la liste sur le net. Le ciel s’est presque complètement dégagé, et de grands pans de soleil avivent la verdeur des terres légèrement ondulées que traverse la N4 puis la N10, généralement en très bon état. La vitesse étant limitée à 90, parfois à 80 km/h, j’ai le temps d’apprécier les vastes terres à pâturage piquetées d’oliviers qu' interrompent de temps à autre des plantations d’eucalyptus ou de pins, tandis que d’autres viennent tout juste d’être défrichées. Un peu de vigne aussi, et un gras bétail à la robe beige à l’embouche suggèrent une certaine aisance agricole.

Je traverse quelques gros villages et petites villes sans m’arrêter, et me surprends tout à coup à traverser le Tage : me voilà près de ma destination puisque je veux rester proche de la rive droite du fleuve où se trouve l’aéroport, J’ai donc choisi de gagner l’aire de Carregado, sise sur l’Intermarché local. Toute cette zone au nord de Lisbonne est extrêmement peuplée et la circulation est lente sur les rues qui s’enchevêtrent. Grâce au GPS je tombe directement sur le stationnement du magasin où se trouve bien l’aire indiquée, bien conçue et fonctionnelle. Je n’en userai point, ayant fait les services hier soir à Evora, mais passerai plutôt l’après-midi agréablement ensoleillé à réparer et remonter le store avant de l’Exsis, profitant du Bricomarché faisant partie du complexe commercial pour acheter le petit tournevis cruciforme nécessaire à l’opération. Je repère aussi un câble susceptible de convenir pour le branchement des compteurs de Coulomb (mais seulement à 2 conducteurs, il m’en faut 5…) et remets donc à plus tard cette emplette. Fin du remontage vers 15:30. Je déjeune, puis décide de me rapprocher de l’aéroport en tâchant de trouver un bivouac le long du fleuve.

À nouveau très long cheminement vers le sud en suivant l’ancien tracé de la N1 (maintenant remplacé par des autoroutes infiniment plus rapides) qui suit le fleuve,  longe la ligne de chemin de fer et traverse un kyrielle de petites zones industrielles peu avenantes. Roulant ainsi près d’une heure et demie, je passe le grand pont suspendu Vasco de Gama et découvre alors une vaste ville nouvelle bien architecturée et très propre (Parco das Naçoes) limitée côté fleuve par un beau grand parc, le Parque do Tejo. Je tourne un peu et finis par trouver une petite place au pied des immeubles et juste à la lisière d’une des voies d’accès au Parque de Tejo, sur le Passeio dos Herois do Mar. Le GPS indique 5,4 km jusqu’au Terminal 1 de l'aéroport: on ne peut rêver mieux ! Je m’y installe pour la nuit et, probablement, une bonne partie de la journée de demain.


14 559    Lundi 17 décembre 2018 : LISBOA (18 km)

Lisboa-Parque-do-Tejo-bivouac-au-pied-du-Pont-Vasco-de-Gama
 Lisboa : bivouac au pied du Pont Vasco-da-Gama, dans le Parque Tejo
Réveil dans la brume après un bon sommeil : le trafic sur le pont semble s’atténuer durant la nuit si bien qu’il devient à peine perceptible, tandis que le quartier, résidentiel est quant à lui totalement silencieux. Le soleil finit par percer vers 11:00, apportant un petit regain à la batterie… et surtout enjolivant grandement la vue sur l’architecture tout à fait exceptionnelle du pont Vasco de Gama dont les haubans blancs se détachent sur le ciel bleu en 2 grands triangles parfaitement symétriques. J’espère que le nouveau pont Champlain, sur le St-Laurent à Montréal, d’ampleur à peu près similaire,  donnera à peu près le même effet !

Je reporte à plus tard dans la journée la petite balade imparable dans le Parque Tejo qui encadre les abords du pont de ce côté-ci du Tage, ayant décidé de consacrer ces quelques heures de tranquillité au soleil à tous ces petits bricolages dont la liste s’allonge dangereusement sur mon ordi. D’autant plus que le moindre aménagement demande de tout mettre à l’envers dans le camion, ce que mes passagères en général n’apprécient guère….

Je commence par vider le placard sous l’évier pour installer le ruban de DEL comme prévu. Mais le câble du contacteur à pied de la pompe passe juste dans le recoin convenable pour les lumières… Je dois donc le déplacer, ce qui m’amène à démonter le fond et le cache du placard pour trouver une nouvelle voie au câble en question, et améliorer celle du futur éclairage. Quelques consolidations de menuiserie en passant - la fabrication de ces parements est vraiment des plus légères - nettoyage des tablettes encrassées depuis longtemps, et je peux enfin remettre en place tablettes et vaisselle. J’arrive enfin au montage électrique, fort simple puisque j’ai tous les composants et la disposition s’impose d’elle-même. Quelques retailles du câble, soudure, mise en place du ruban de DEL, connexion sur la batterie - le fusible viendra plus tard - … ça s’allume ! Le temps de tout remettre en place et je prépare un déjeuner bienvenu.

Le beau temps s’est bien établi autour de moi, et l’après-midi sera court, à quelques jours du solstice. Il est donc grand temps de laisser là le camion pour profiter et du soleil et de la large vue sur le fleuve.  Perspective grandiose sur l'architecture du pont dont je contourne le pilier ouest en suivant les allées du parc linéaire qui s’étend sur la rive du Tage. Quelques photos, bien sûr, mais surtout un bon bol d’air particulièrement bienvenu après toutes ces journées où la pluie nous a retenus à l’intérieur, suivies par la longue conduite rivé au volant qui m’a mené jusqu’ici.

Lisboa-pont-Vasco-da-Gama
Lisboa : première pile nord du pont Vasco-da-Gama
Lisboa : pont Vasco-da-Gama vers le sud
Lisboa : pont Vasco-da-Gama vers le sud
Lisboa-Parque-Tejo-torre-Vasco-da-Gama
Lisboa : le Parque Tejo et la torre Vasco-da-Gama
Lisboa : deuxième pile du pont Vasco da
                        Gama
Lisboa : deuxième pile du pont Vasco da Gama


Lisboa
            : pont Vasco-da-Gama
Lisboa : deuxième pile du pont Vasco da Gama

De retour à l’Exsis, il fait encore suffisamment clair pour procéder à quelques autres travaux. Je remplace donc l’interrupteur de la penderie qui, récupéré sur l'ancien éclairage, a fait son temps, puis démonte le câble de l’antenne wifi désormais inutile, maintenant que nous utilisons nos téléphones dans toute l’Europe pour nos connexions illimitées à l'Internet. J’en profite pour nettoyer goulottes et tablette supérieure qui ont accumulé plus que leur part de poussière, de cheveux et de crasse… J’installe aussi en bidouillant un peu quelques cache-vis sur ces tablettes latérales, oubliés probablement depuis longtemps…

Toutes ces petites choses - que je m’empresse de rayer sur ma liste - auront finalement pris pas mal de mon temps, puisqu’il est passé 17:30 lorsque j’arrive au bout. Et j’ai faim ! La nuit est maintenant tombée, plus question de se lancer dans d’autres projets, Je souperai donc tôt, d’autant plus que je dois aller accueillir Monique à l‘aéroport à 21:55. Je retourne donc le camion que j’avais mis face au soleil de l’après-midi mais qui risque de rester coincé par toutes les voitures des riverains qui rentrent chez eux. Puis j'écris ces notes en laissant tourner le moteur pour remonter un peu la batterie et recharger mon ordi.

J’ai encore le temps de modifier l’encastrement des verrous de la trappe du lit qui s’ouvre toute seule sous notre poids. L’agrandissement des trous fait pas mal de poussière que j’évacue de mon mieux, la gâche semble maintenant reposer davantage sur la bordure, on verra à l’usage l’efficacité de la modif… Puis je mets le cap sur l’aéroport, à moins de 5 km. Chemin rapide un peu embrouillé, vive le GPS qui me met pile devant la sortie des Arrivées. Mais je suis en fin de compte très en avance, d’autant plus que le tableau de bord affiche encore l’heure française… Je stationne en double file un bon moment, jusqu’à me faire chasser par la police, et ressors finalement de la zone aéroportuaire pour attendre sur les dégagements d’une station service. Enfin l’avions atterrit, je récupère Monique sans problème et nous retournons dormir sur le coin tranquille découvert hier devant le Parque Tejo.


14 577    Mardi 18 décembre 2018 : de LISBOA à BELEM - Praça Afonso de Albuquerque (18 km)

Brume matinale au réveil et gros nuages gris annonçant la pluie… À 8:15 nous sommes debout après une autre nuit excellente pour aller accueillir Hermione à l’aéroport. Nous y sommes à 9:30, je laisse Monique devant le hall des arrivées et vais attendre un peu plus loin. Le temps du transfert du Terminal 2 au 1, puis des formalités, j’ai encore le loisir de faire le plein de GPL (encore un raccord différent, l’Europe n’a pas encore légiféré pour uniformiser sur ce plan !) et je récupère grand-mère et petite-fille juste en avant du hall. Hermione dit avoir très peu dormi dans l’avion suite aux turbulences, mais n’a pas perdu l’appétit lorsqu’il s’agit d’attaquer une collation !

Nous décidons de commencer en douceur la découverte de Lisbonne en nous rendant à Belém pour en explorer la fameuse tour, autrefois gardienne de l’estuaire du Tage tel un vaisseau de ligne sur-armé placé opportunément sur un ilot ancré autrefois au milieu des eaux. A
Av. da Torre de Belém

Ce n’est plus aujourd’hui qu’un superbe vestige de temps anciens dont l’architecture manuéline très sophistiquée attire des milliers de touristes.

Belem : sur la
          passerelle menant à la tour
Belém : sur la passerelle menant à la tour

Belem
            : la batterie inférieure logéeéd dans le sousbassement de la
            tour
Belém : la batterie inférieure logée dans le soubassement de la tour

Petit tour dans les deux étages des batteries surveillant le fleuve, où les bouches à feu sont encore garnies de canons d’époque.

Puits de lumière sur la battterie supérieure, éclaisant
            la batterie inférieure
 Sur la batterie supérieure, le puits de lumière éclairant et aérant la batterie inférieure
Belem-la-tour-Hermione-sur-la-terrasse-en-haut
Belém : avec Hermione sur la terrasse couronnant
la tour;
au fond dans la brume le Pont du 25 Avril
Puis  Hermione et moi  grimpons des 93 marches du petit escalier étroit en colimaçon qui passe deux grandes salles voutées d’ogives superposées avant de déboucher sur la terrasse. Il s'y déploie une large vue sur le paysage marin, malheureusement limitée par la grisaille qui sévit aujourd'hui.
Croisées d'ogives dans l'une salle de la tour de Belem
Croisées d'ogives dans l'une salle de la tour de Belém
Belem-en-quittant-la-tour-sous-la-pluie
En quittant la tour de Belém sous la pluie
La petite pluie tenace et très mouillante s’est malheureusement accentuée, si bien que que nous ne nous attardons pas, jetons à peine un œil autour de nous et redescendons presque aussitôt à l’abri. Nous rejoignons Monique dans la salle des gardes et retournons sous l’abri précaire d’un petit parapluie jusqu'à l’Exsis garé à proximité. Pas de chance pour cette première balade !

Long déjeuner ensuite, puis communications avec Juliette pour mettre au point le transfert de fonds nécessaire à la construction de son chalet. Monique rejoint les gestionnaire de la Capitale pour effectuer un premier virement partiel de notre CELI à notre compte courant de la BMO, puis tâche d’organiser avec Juliette le paiement à son constructeur… Elle contactera la BMO demain.

Nous décidons de consacrer la fin de la journée à la visite du Musée des Carrosses. Déplacement jusqu’à la Praça Afonso de Albuquerque où nous trouvons facilement une place à distance égale - i.e. confortable - des 2 grandes avenues très passantes qui nous entourent. Laissant Monique occupée à faire ses compte et continuer ses démarches, Hermione et moi allons visiter le nouveau grand bâtiment moderne (beaucoup de béton et un peu de verre) qui a remplacé l’Ancien manège royal pour abriter les vénérables véhicules. Les spécimens sont spectaculaires et relativement bien conservées, mais on se lasse assez vite du luxe très ostentatoire des décors dorés et surchargés qui semblent vite redondant. Belem : Musée des
                  Carrosses-Hermione-devant-le-carrosse-de-Felippe-II-XVIe
Musée des Carrosses de Belém : Hermione devant le carrosse de Felippe II (XVIe-XVIIe)
Musée des Carrosses : dais u-cdarrosse de
                    Felippe II
Musée des Carrosses de Belém : dais du carrosse de Felippe II
Surtout, ils évoquent de façon un peu trop évidente la morgue de la noblesse et du pouvoir royal, et leur exploitation éhontée d’un peuple pauvre et courbé sous le joug du travail. Relativement peu d’informations techniques et historiques sur les transports terrestres des 4 derniers siècles, en revanche quelques bornes multimédia assez bien conçues retiennent presque toute l’attention de la fillette, apparemment plus habituée à pitonner qu’à observer patiemment de vieilles reliques…
Malle-poste (voiture de voyage), Belgique. Atelier Jones Frères, Bruxelles.

Elle a des compartiments pour les passagers et pour le courrier. Le cocher et les bagages prenaient place sur le toit. Le trajet Lisbonne-Porto durait 34 heures, avec des haltes dans 23 stations pour le repos des voyageurs et le changement des chevaux. Ce service a cessé avec l’arrivée du chemin de fer.

Musée-des-Carrosses de Belem : malle-poste du
                  XIXe.
Musée des Carrosses de Belem : malle-poste du XIXe
Belem-Musee-des-Carrosses-Panhard-&-Levassor-1ere-voiture-a-circuler-au-Portugal-1895
Voiture à moteur à essence Panhard & Levassor, Paris (1895)
Le moteur sous la carosserie de la Pnahard
                      & Levassor (France)



Ce fut la première voiture à circuler au Portugal en 1895. Acquis à Paris par Jorge Avilez de Sousa Feio, le 4e Comte de Avilez. Elle était dessinée par Trem, avec un moteur à 3 chevaux et fonctionnait à l'essence.


Musée des Carrosses de Belem : berline du couronnement
            d Carlos 1er
Musée des Carrosses de Belém : berline du couronnement de Carlos 1er

Détail de la berline du couronnement de Carlos 1er
Détail de la berline du couronnement de Carlos 1er

carrosse-de-Don-Jose-I.
Carrosse de Don Jose 1er
Détail de la berline du couronnement de Carlos
                    1er
Détail du carrosse de Don Jose 1er

Nous écourterons donc un peu la visite, sans même passer à travers les quelques vitrines exposant toute une série de beaux harnais dont je pensais qu’ils rejoindraient plus son amour des chevaux.

Le temps ne s’est guère amélioré et le soir tombe lorsque nous regagnons l’Exsis. Monique s’apprête à préparer le souper, Hermione demande un Happy Meal à aller chercher dans un MacDo voisin dont elle a aperçu l’enseigne. Je l’y accompagne, elle me montre comment se repérer sur le IPhone en l’utilisant comme GPS, et 10 mn plus tard elle commande son menu sur le grand écran de pré-commande…

Nous soupons tous trois, puis décidons de ne pas aller plus loin. Nous dormirons donc ici, malgré le bruit des trains et des trams qui passent sur le grand boulevard du côté du Tage (Avenida da India), et celui de la circulation assez dense sur la Rua de Belém. Sans oublier les avions en cours de montée depuis l’aéroport distant de moins d’une dizaine de km. Heureusement tout ce vacarme, atténué par la distance, diminuera dans la soirée jusqu’à devenir presque imperceptible. Monique et Hermione grimpent dans le lit haut et ne tardent pas à s’endormir, tandis que j’installe le lit bas, très confortable à l’usage, lis un peu et et tombe bientôt dans un profond sommeil peu après 22:00.


14 606    Mercredi 19 décembre 2018 : de BELEM (Praça Afonso de Albuquerque) à OEIRAS (15 km)

Il fait beau à mon réveil vers 8:30, et je lève le store derrière moi pour avancer ma lecture d’Homo Deus sur la liseuse, tandis les dormeuses de la mezzanine continueront leur nuit jusque passé 10:00.

Lever assez tardif donc, mais dans une lumière d’autant plus agréable que le ciel se chargera progressivement en cours de journée.
Belem-bivouac-Hermione-lit-dans-l'Exsis
Dans notre bivouac à Belém Hermione lit dans l'Exsis

Exsis au bivouac sur le Paça Praca Afonso de
                  Albuquerque- à Belém
Exsis au bivouac sur le Praça  Afonso de Albuquerque à Belém
Nous consacrerons toute la première partie de la journée à la suite des démarches pour faire transférer les fonds débloqués à Juliette, utilisant téléphone pour nous brancher au net, ordi pour écrire les ordres adresser à la banque, imprimante pour tirer une copie signée. La BMO exigeant finalement un fax, nous remettons à demain la fin de l’opération, lorsque Juliette nous rejoint par SMS pour prendre en charge le dit fax qu’elle expédiera à partir de l’image .jpg que je lui adresse… Quelle gymnastique ! Mais en employant toute cette panoplie de moyens électronique, nous parviendrons à nos fins en moins de 24 heures et sans sortir de notre parking, alors qu’autrefois… 

Clocher-de-Santa-Maria-de-Belem
Clocher de Santa Maria de Belém au dessus des orangers de notre stationnement
Cette conclusion nous laisse donc libres pour la fin de l’après-midi que nous consacrons à la visite du magnifique Cloitre des Hiéronymites, à deux pas de notre Praça Alfonso de Albuquerque.

Mosteiro dos Jeronimos et
                          église-Santa-Maria
Mosteiro dos Jeronimos et église Santa Maria de Belém

Hermione qui ne parle que de baignade en mer et de château de sable est d’abord un peu réticente, mais le tour de l’église halle de Sta Maria nous la montre progressivement intéressée puis quelque peu admirative.

Belem, Mosteiro dos Jeronimos : portail latéral
                  de Santa Maria
Belém, Mosteiro dos Jeronimos : portail latéral de Santa Maria
Mosterio-dos-Jeronimos :
                  portail-ouest-de-Santa-Maria-par-Nicolas-Chanterene.
Mosterio dos Jeronimos : portail ouest de l'église
Santa Maria par Nicolas Chantereine (1517)


Mosterio-dos-Jeronimos-portail-de-Santa-Maria-le-Roi-Manuel
                  I
Portail de l'église Santa Maria : le Roi Manuel Ier
portail-de-Santa-Maria-la-Reine-Marie-d'Aragon
Portail de l'église Santa Maria : la Reine Marie d'Aragon

Mosteiro-dos-Jeronimos-Santa-Maria-les-piliers
Mosteiro dos Jeronimos : les piliers de la nef de l'église Santa Maria
Voûte réticulée de l'église Santa-Maria
Voûte réticulée de l'église Santa-Maria
Eglise Santa-Maria : la-nef-vers-la tribune
Mostero di Jeronimos, église Santa Maria : la nef vers la tribune
Mosteiro-dos-Jeronimos-Santa-Maria : la chaire.
Mosteiro dos Jeronimos, église Santa Maria : la chaire

Façade du tombeau de Vasco da Gama
Façade du tombeau de Vasco da Gama
Santa-Maria-tombeau-de-Vasco-de-Gama-détail-du-navire
Tombeau de Vasco da Gama : détail du navire

Vasco da Gama  (Sines 1468/9 - Cochin 1524)

Navigateur portugais qui a établi la connexion entre le Portugal et l'Inde par voie maritime (1497-1498), instaurant une nouvelle route commerciale qui donnerait aux Portugais la domination de l'océan Indien pendant plus d'un siècle.
Église Santa-Maria : tombeau de-Vasco da Gama
Église Santa Maria : tombeau de Vasco da Gama

Facade du Mosteiro-dos-Jeronimos à Belém
Façade du Mosteiro dos Jeronimos à Belém
Lorsque nous sortons, Monique sait ensuite suffisamment lui faire valoir les beautés du cloître pour que nous espérions finir par l’éveiller aux plaisirs de la découverte (architecture, paysages, sites archéologiques, etc.).

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Mosteiro dos Jeronimos : le grand cloitre

Hermione et Monique dans le grand cloître du Mosteiro
            dos Jeronimos
Hermione et Monique dans le grand cloître du Mosteiro dos Jeronimos

Mosteiro-dos-Jeronimos-grand-cloitre
Mosteiro dos Jeronimos : autour du grand cloitre

Mosteiro-dos-Jeronimos-grand-cloitre
Hermione et Monique autour du Gand Cloître

Mosteiro-dos-Jeronimos-grand-cloitre

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Lavabo du Grand Cloître du Mosterio dos Jeronimos
Mosterio-dos-Jeronimos-Hermione-&-Monique-devant-le-lavabo
Grand cloître du Mosterio dos Jeronimos : Hermione et Monique devant le lavabo

Monique-et-Hermione-dans-le-refectoire du
            Mosterio-dos-Jeronimos
Monique et Hermione dans le réfectoire du Mosterio dos Jeronimos





En sortant nous rejoignons Mathieu qui nous a laissé un SMS nous informant de la défectuosité de la batterie de la Grand Caravan dans son garage chauffé… et qu’il veut emprunter pour se rendre à des festivités avec des copains. Courte discussion via Facetime pour lui suggérer de demander à Juliette de l’accompagner au Costco pour  acheter une nouvelle batterie… dûment garantie !

De retour assez tard à l’Exsis laissé sagement garé sur la Praça Afonso de Abuquerque, nous décidons de nous avancer une peu le long de la côte en direction de Cascais puis de Sintra pour visiter demain le palais royal. Vidange de la cassette (qui se met brusquement à empester) dans un égout devant le cimetière isolé de Laveiras, puis poursuite de la recherche d’un point de chute éloigné de la route côtière, très passante et bruyante. Nous le trouverons dans un vaste parking arboré près du du Stade Municipal Mario Wilson, à Oerias. Souper puis coucher tôt pour Monique après une partie de carte avec notre pensionnaire. Hermione, ne trouvant pas le sommeil,  veille beaucoup plus tard après que je lui ai chargé Croc-Blanc (Jack London) sur la liseuse, à côté de moi qui écris le journal des deux derniers jours avant de préparer le lit bas pour une autre nuit confortable.


14 621    Jeudi 20 décembre 2018 : d’OERIAS à SINTRA (Sao Pedro) (62 km)



Lever à 9:00 sous le soleil, qui perce à peine les pins du stationnement devant le stade Wilson d’Oerias. Nous décollons à 10:00 en rattrapant la côte au plus court, avec l’intention de la suivre tout au long jusqu’au Cabo da Roca, la pointe la plus occidentale de l’Europe. Beaucoup de monde sur cette route  à 2 chaussées séparées qui suit de près le rivage de la Riviera. Le ciel bleu et le grand soleil rend le ruban doré de plages particulièrement invitant, particulièrement pour Hermione qui demande depuis son arrivée à se baigner et jouer dans le sable.



Nous ne tarderons pas à nous arrêter devant la plage de Carcavelos envahie par les surfeurs, sur l’un des nombreux petits parkings côtiers ourlant le rivage. Hermione se lance sans tarder sur le sable, puis enlève ses chaussures - déjà trempées - pour aller patauger dans les derniers déferlements des vagues. Évidemment 10 minutes plus tard c’est le pantalons qui est trempé, et finalement, s’habituant rapidement à la fraîcheur de l’eau, elle se lancera complètement dans les vagues. Du coup une heure plus tard notre ondine sortira totalement enchantée mais aussi intégralement trempée de l’Océan…



Nous sommes maintenant prêts à poursuivre la balade le long de la côte. Traversée de Cascais arborant ses équipements de plage à la mode, puis d’Estoril, encore plus chic avec ses villas et hôtels luxueux. Long arrêt à la Boca de Inferno où Hermione et moi allons contempler les grosses vagues se fracassant contre la falaise rocheuse grugée par l’érosion marine, tandis que Monique prépare un déjeuner reconstituant pour notre baigneuse. Quel appétit ! Le temps est au beau fixe, la promenade le long de la côte maintenant dominée par la serra de Sintra se poursuit en passant le Cabo Raso, sans grand caractère, puis en longeant la spectaculaire longue Praia du Guincho, justement fameuse, mais plutôt déserte vu la température. Nous arrivons enfin au Cabo da Roca, au pied de son phare, envahi par les bus de touristes - essentiellement des asiatiques - qui mitraillent et jouent du selfie à tour de bras… Quelques beaux points de vue sur la côte rocheuse, superbement découpée au nord, avant de reprendre enfin la petite route de montagne vers Sintra. Je fais le plein d’eau sur un robinet en bord de route aperçu en traversant le village, pendant que Monique rince les vêtement d’Hermione tout imprégnés de sel…



Je m’égare ensuite un peu dans les petites routes à travers le massif forestier menant au château, si bien que nous arrivons à la billetterie au pied du monument vers 17:00, une heure avant sa fermeture à 18:00. Or on nous suggère de consacrer plutôt 2 heures à sa visite… Nous préférons la remettre à demain 10:00 et allons nous installer dans le vaste parking désert et tranquille sous les arbres.



Hélas, malgré les indications reçues à la billetterie, la sécurité nous en chasse à 18:30. Nous avons juste le temps de finir d’avaler notre soupe et de dévaler la petite route à pic qui nous ramène au cœur de la ville de Sintra. Quelques recherches nous mènent au parc d’autocaravanes où l’on nous demande 7 € pour y stationner la nuit… Je préfère me rabattre sur la vaste place du marché de Sao Pedro (inutilisée demain matin !) où nous avions déjà dormi en pareille circonstance avec Mathieu et Juliette en 1989, il y a presque 30 ans… À la fin de notre souper, Monique très fatiguée monte se coucher presque aussitôt, Hermione griffonne une carte de Noël à sa Mamie Marlène et la rejoint ensuite. J’écris le journal et ne tarderai pas à me coucher moi aussi.


14 683    Vendredi 21 décembre 2018 : de SINTRA à AGUAS DE MOURA (98 km)



Nuit tranquille, mais je me réveille très tôt sans pouvoir me rendormir, si bien que je découvre encore quelques chapitres de Homo Deus, avant de me rendormir enfin. Réveil de la maisonnée passé 9:15, si bien que nous ne quittons qu’à près de 11:00 la belle place qui commence à peine à s’animer.



Après la dissipation des dernière brumes matinales, le ciel commence à s’éclaircir sur la ville de Sintra, mais nous sommes encore dans le nuage lorsque nous remontons difficilement jusqu’au pied du château, les pneus usés de l’Exsis n’arrivant pas à s’accrocher franchement au pavé mouillé par la rosée. Depuis la billetterie installée dans les deux petits pavillons d’entrée jaunes, la pente monte rudement jusqu’à la première porte façon médiévale. Monique et moi avons du mal à suivre notre cabri qui caracole sur le sentier tournicotant dans le magnifique parc planté de grands arbres et de toutes sortes de plantes exotiques. Enfin, essoufflés et fourbus, nous commençons le tour du grand bâtiment colorés jaune et rouge juché sur la butte rocheuse. En fait, ce château royal fut surtout une retraite princière rebâtie dans le style romantique médiévaliste du milieu du XIXème par le prince consort Fernando II, à partir des ruines d’un couvent hiéronymite beaucoup plus ancien. La partie privée, la plus intéressante, s’articule autour d’un charmant petit cloître à 2 étages tout recouvert de céramiques. Les pièces ont conservé leur fonction (dortoir, réfectoire, etc.) mais en étant complètement redivisées et surtout décorées dans le style prévalent à l’époque. Style riche et suggestif, mais aussi lourd et sombre bien loin du goût actuel. Nous passons plus de 2 heures à déambuler de petites pièces en grandes salles, découvrant l’histoire des murs et de ses habitants, observant tel détail suggestif, photographiant les points de vue et le détail des meubles ou autres accessoires qui me paraissent particulièrement intéressants. Je perds bientôt mes compagnes qui filent en avant, et nous nous retrouvons à la sortie, comblés mais un peu saturés de tant de choses vues, pas toujours emballante du point de vue esthétique, mais dans des registres pour nous assez inhabituels (encore que j’y retrouve, toute proportions gardées, le même genre de décor et d’ambiance que chez mes arrière-grand-parents Mourez dans leur villa des Ormes à Templemars).

Autre descente accusée - aïe les genoux ! - pour regagner l’Exsis stationné bien en dessous dans le dernier parking le long de la petite route dévalant vers Sintra. Nouveau séjour d’une bonne heure sur la place de Sao Pedro abandonnée ce matin, Monique appelle son avocat Me. Devers (R.V téléphonique à 15:00) puis nous déjeunons copieusement, histoire de récupérer des fatigues de la matinée.

Où diriger nos roues maintenant ? Hermione demande à nouveau sable et mer, de notre côté nous sommes un peu las de l’agitation et du bruit urbain… et le temps risque d’être plus frais au nord. Nous prendrons donc immédiatement la direction du sud du Portugal, quitte à faire à nouveau un tour au nord de Lisbonne lors de notre retour dans une douzaine de jour pour reprendre l’avion. Nous rallions donc au plus court la 4 voies rapide puis l’autoroute A2 qui nous ramènent à Lisbonne et nous fait traverser le Tage sur le grand Pont du 25 avril. Ensuite ça se gâte, car nous désirons refaire un plein d’épicerie, et dans la grande conurbation du sud de Lisbonne, où autoroutes et  échangeurs s’entremêlent au milieu des grands ensembles, pas facile de se repérer… Ah, enfin un panneau indiquant zona commercial ! Je sors de l’autoroute, mais en approchant, pas une seule enseigne d’épicerie visible, et surtout pas de stationnement hormis souterrain… Retour à l’autoroute après moult détours. Nous la quittons un peu plus loin lorsqu’elle devient à péage (portagem) pour emprunter la nationale. Et là, dans le soir qui descend, j’aperçois  le grand rond jaune d’un Lidl. Nous passerons près d’une heure dans ses allées, à la recherche de produits frais malheureusement moins abondants et variés que nous nous y attendions.


Ensuite nous nous emmêlons dans les embouteillages du vendredi soir, lorsque les nombreux travailleurs lisboètes rejoignent leur lointaine banlieue hérissées de tours d’habitation. Puis nous nus trainons dans d’innombrables et interminables zona industriales qui se succèdent le long de la grande route, coupée d’incessants ronds-points, à la suite de lourds camions cheminant au pas…



Après une trentaine de kilomètres le trafic finit par devenir plus fluide et nous avançons vers le sud à un rythme plus satisfaisant. Or nous avons besoin de faire le plein d’eau et surtout de vider la cassette qui commence à se manifester. Dans la nuit, suivant les indications du GPS sur lequel j’ai chargé les aires de service portugaises, nous irons jusqu’au village d’Aguas de Moura où nous trouvons à l’endroit indiqué un large espace sur une rue à l’écart, près d’un point d’eau et éventuellement un poste de vidange. Il est passé 19:30, nous posons enfin notre bivouac après cette centaine de km qui nous aura duré, descendons les stores et préparons le souper. Coucher tôt un peu courbaturées par notre balade de ce matin et fatigué par cette courte route trop longue.


14 781    Samedi 22 décembre 2018 : d’AGUAS DE MOURA à TORRALTA (Praia dos Três Irmaos) (221 km)



Nuit tranquille et grand soleil sous le ciel bleu au lever à 9:00. Je trouve sans difficulté le point d’eau et l’égout d’évacuation destiné aux cassettes, ce qui nous permettra de repartir à 10:00 à pleine capacité. La grande route file en direction de Ourique puis tout au bout en bord de mer, vers Faro. Si la voie est large, bien tracée et très roulante (vitesse limite de 90 km/h) la qualité du revêtement  laisse trop souvent à désirer et mériterait, sinon un remplacement complet, du moins de sérieuses réparations. Serait-ce la conséquence des compressions budgétaires qui ont frappé le Portugal dans les dernières années, ou la priorité donnée aux milieux urbains comme les alentours de Lisbonne dont la population semble avoir explosé ? Ou plus prosaïquement, le doublement de l’itinéraire par le nouveau réseau d’autoroute à péage ? Toujours est-il que trop de kilomètres endommagés entrainent des vibrations très fatigantes pour chauffeur et passagères, et éprouvantes pour le camion qui couine de partout et où divers objets se décrochent et tombent à terre… Le paysage est pourtant agréable, assez vallonné et verdoyant, très humide au début voire parfois marécageux, puis devient plus sec au fur et à mesure de notre descente vers le sud. Les villages sont rares entre les immenses étendues plantées de vieux oliviers, et l’on ralentit rarement pour autre chose qu’une virage un peu serré ou une montée un peu raide.

En arrivant sur la côte n


ous nous dirigeons d’abord vers l’Intermarché de  Portimão où je compte faire le plein de gasoil à bon prix, tandis que Monique veut y trouver des cartes pour jouer à la crapette avec Hermione - les deux adorent. Point de station-service sur le site, pas plus que de cartes… mais j’y trouve un Roady où je remplace l’essuie-glace droit en piteux état, et prends les informations pour un éventuel changement des pneus avant : ils me semblent déjà très usés (35 000 km) et devront de toute façon être remplacés à mon retour en France. Pas  en stock bien sûr, mais on pourrait m’accommoder les 2 ou 3 janvier à  un prix qui me semble concurrentiel. On verra…Monique trouve ses cartes dans le Continente voisin, et moi du pétrole à 1,22 €/l  quelques centaines de mètres plus loin (Jumbo), en nous dirigeant vers la fameuse Praia da Roca. Nous finissons par atterrir sur un petit parking tout au bout de la N124 au dessus des falaises à Castelos. Après un déjeuner bienvenu - il est temps ! - je vais faire quelques photos de la côte ourlée de petites plages encadrées par les hautes pentes de roches jaune très friables et donc très découpées. Un peu plus tard Monique et Hermione emprunteront le long escalier leur permettant d’atteindre l’eau pour une autre longue baignade de notre naïade, tandis que je reste dans l’Exsis pour faire le ménage et réparer un autre morceau du store Remis, latéral cette fois, qui s’est décroché. Ah ! la soit-disant qualité allemande !

Le soleil commence à descendre lorsque nous quittons les lieux pour tâcher de trouver une plage plus accessible. Nous la découvrons une dizaine de km plus loin en longeant le rivage vers l’ouest à Torralta, sur la Praia dos Tres Hermanos Nous nous y installons  pour la nuit sur la dune, en compagnie d’une dizaine d’autres camping-cars et fourgons venant d’un peu partout en Europe : Italie, Suède, Pays de Galle, France, Allemagne…  Petit tour sur la plage au soleil couchant, puis souper de crêpes préparées par Hermione et passée à la crêpière par Monique. Ensuite c’est une vive partie de crapette suivie de sa revanche, tandis que je rédige le journal. Coucher à 22:30 dans le bruit des vagues…


15 002    Dimanche 23 décembre 2018 : PORTIMÃO (Praia dos Três Irmãos) (0 km)



Toujours ce grand soleil et ce ciel bleu, tant attendus !

Nous ne bougerons pas de la journée, profitant du beau temps et surtout de la plage finalement fort peu fréquentée malgré le congé.  Hermione passera le plus clair de son temps au bord de l’eau, à construire un château de sable avec une petite amie de rencontre, (père irlandais, mère russe et grand-père uniquement russophone). Les échanges sont évidemment limités, mais les deux fillettes passent un bon moment dans la piscine de l’hôtel tout proche en compagnie de Monique, jusqu’à revenir en début d’après-midi pour déjeuner.

Pendant ce temps je  profite de l’espace, de la chaleur et de la lumière pour démonter le phare gauche et remplacer  l’ampoule du feu de position défaillante. Je constate aussi que le niveau de l’huile est très bas et  elle me semble  épaisse et noire. La dernière vidange datant de près de 25 000 km, il sera temps de la changer dès que possible.  



En après-midi j’accompagne Hermione pour une autre longue séance de plage, de jeu dans les vagues et dans le sable, jusqu’à ce que saoulée de ce plein air intensif, elle revienne enfin au camion où j’ai lu tandis que Monique s’occupait de son courrier. À 17:00, réapparition de la petite compagne, alors que le soleil s’approche de l’horizon dans une autre fête rougeoyante.

Soirée tranquille ensuite à l’intérieur, avec la fraîcheur qui s’installe pour la nuit. Souper, puis lecture et jeux de carte…


15 002    Lundi 24 décembre 2018 : de PORTIMÃO (Praia dos Três Irmãos) à SALEMA (63 km)



Le soleil, toujours présenta aujourd’hui aussi, est cependant un peu voilé par quelques traces  blanches effilochées qui dérivent, occupent l’espace ou se dissipent au fil des heures. Cela n’empêche pas Hermione - suivie bientôt de Monique - de regagner son coins favori sur la plage, juste à la limite des vagues déferlantes où elle se livre à nouveau à sa passion constructrice… je me lève tranquillement, fais le ménage - le sable envahit tout - et la vaisselle, et vers 10:30 levons le camp pour regagner la périphérie de Portimão où j’espère faire procéder à la vidange du moteur. Un rapide contrôle hier m’a en effet  fait constater la couleur très noire la consistance épaisse, tandis que ce matin l’avertissement de changement est apparu au moment de mettre le contact. Nous retournons donc au Roady près de l’Intermarché mais l’atelier ne dispose pas du pont devant supportant le poids du camping-car. Il va falloir chercher ailleurs. Je peux au moins refaire le plein d’eau sur le point de service, mais la fosse destinée aux cassettes est bouchée…



Autre tentative auprès du Norauto voisin; là le pont est adéquat, mais le planning est complet pour les 2 prochains jours… J’y prends au moins un litre d’huile la plus économique  que je verserai bientôt dans le carter, histoire de se donner le temps d’attendre.



Nous prenons alors la route de Lagos (route 125), à travers des développements domiciliaires très denses, la plupart récents, qui ressemblent beaucoup à ceux de la côte espagnole, et qui montrent l’attraction exercée par la littoral sur toute une variété de population : d’une part les Portugais issus de l’exode rural, puis les vacanciers, portugais ou européens, qui occupent plus ou moins temporairement les habitations (dont beaucoup de volets sont fermés), et enfin une frange importante de retraités venus profiter - comme nous - du climat favorisé. En tout état de cause le résultat est le même : il ne reste guère d’espace non urbanisé et encore moins sauvage.



Peu avant d’arriver en ville, j’avise un garage Euromaster aux hautes portes grandes ouvertes et dont le stationnement laisse voir plusieurs véhicules utilitaires en attente. Je tente donc ma chance. On ne peut changer l’huile faute du filtre à commander et qui ne sera pas livré aujourd’hui, mais des pneus camping (Michelin) sont disponibles et peuvent être montés de suite. Je ne tergiverse pas et, une demi-heure plus tard, nous sortons du garage avec 2 bons Michelin flambant neufs chaussant le train avant. Quant à l’huile, cela peut attendre, maintenant que le niveau a été rétabli.


Nous gagnons alors le centre historique de Lagos, finalement fort peu développé, et une longue balade dans les ruelles de la vieille ville me laisse assez déçu, la seule curiosité valant vraiment le détour, l’église Santo Antonio et son décor baroque exubérant, étant fermée les 24 et 25 décembre… En revanche restaurants et boutiques à touristes se succèdent le long des quelques rues anciennes, et mes deux compagnes se font un plaisir d’y fouiller à la recherche de «bébelles» séduisant la demoiselle. Finalement ses emplettes se limiteront à une paire de «tatanes» roses et à quelques cartes postales, mais que de temps perdu… Un peu plus loin le Marché aux esclaves est lui aussi fermé aujourd’hui, mais une fausse patinoire (en plastique !) attire néanmoins Hermione qui renoncera bien vite à évoluer péniblement sur cet ersatz de glace. Retour à l’Exsis laissé sur un case de stationnement le long de la rivière, et recherche d’un prochain point de chute en bord de plage qui recueillera l’assentiment de notre baigneuse. La petite plage de Burgau nous avait laissé de très bons souvenirs lors de notre périple de 1989, aussi décidons-nous d’en faire notre étape de ce soir.



Cependant le Guide vert soulignant encore à Lagos l’intérêt du site de Ponte di Piedad, j’y pointe d’abord le GPS qui nous y mène dans un autre dédale hautement urbanisé. Effectivement les falaises d’ocre jaune très découpées se précipitant dans la mer dans un chaos fantastique ne manquent pas de pittoresque. Cela nous vaut une petite balade autour de l’ancien phare, en bas des volées d’escalier dévalant jusqu’aux vagues mugissantes au pied des rochers creusés de grottes et et de canyons… au moins pour Hermione et moi, Monique craignant ensuite l’interminable et raide remontée.



La lumière diminue, nous reprenons la route vers l’Ouest, de plus en plus sauvage, qui nous fait espérer une étape sympathique pour ce soir. Hélas le petit village de Burgau est maintenant impénétrable aux camping-cars, et pas question pour nous de demeurer au bord de la route ou des rues étroites du village. Nous poursuivons donc encore un peu vers Sagres, je réussis à vider la cassette préoccupante dans un creux en bord de route, puis, juste avant d’arriver à Salema, apparaît au bord de l’estuaire du petit fleuve Ribeira de Budens et en arrière d’une jolie plage, un beau stationnement parfaitement aménagé pour les camping-cars (Parque natural deCosta Vicentina). Il fait presque nuit, nous nous glissons aussitôt sur l’un des  nombreux espaces libre et y posons notre bivouac. Il est passé 18:00. Souper, parties de cartes, journal. Hermione aura sa plage quasiment vierge pour demain !


15 065    Mardi 25 décembre 2019 : de SALEMA à PORTIMÃO (93 km)


Nuit tranquille, mais au lever sous le soleil la plage ne réussit pas à séduire notre demoiselle qui préfère celle de  Portimão… Nous profitons quand même du moment et de la beauté du paysage pour faire une petite marche dans le parc naturel, qui contient entre autre l’estuaire de la rivière et la plage  nichée entre des falaise à pic tombant directement dans l’océan. Je suis un moment le sentier côtier qui grimpe en longe le bord tout en offrant quelques belles vues sur les abords.



Nous repartons ensuite vers Sagres et sa massive forteresse qui servit de base à Henri le Navigateur lors de la préparation et la surveillance des expéditions de ses marins vers les côtes de l’Afrique et de l’Atlantique sud. Si la pointe au delà du village a gardé son caractère sauvage avec une large étendue de steppe rocheuse parsemée de lichens et d’un genre de bruyères, la barre des murs jaunes donnant accès à l’extrémité de la pointe reste pour nous infranchissable, la grande porte étant fermée pour la durée des fêtes.  Il ne nous reste plus qu’à faire un petit tour au dessus des deux  falaises latérales, sans aller au delà, les murailles étant bâties d’aplomb sur la crête rocheuse. Jolie vue en direction du Cabo Sao Vicente, que nous rejoindrons ensuite, après avoir déjeuner sur le parking exigu et sans vue de la plage voisine envahie par les surfeurs qu’Hermione déclinera…

Panorama très large sur l’Océan et les côtes nord et est depuis le stationnement devant le petit  phare dont les grilles sont également close pour les mêmes raisons… Je suis un peu déçu de n’avoir pu visiter avec Hermione le petit musée consacré aux Grandes Découvertes installé dans l’un des anciens bâtiments, le souvenir qui m’en reste en faisant une bonne introduction, me semble-t-il, à cette époque héroïque et porteuse de tant d’avenir (pas toujours radieux d’ailleurs).

Autres vues exceptionnelles des côtes de chaque côté de cette avancée extrême au sud-ouest du continent européen, tant porteuse de symboles face aux terres inconnues et à conquérir… Amérique du Sud, Afrique, Extrême Orient ! où les Portugais s’investirent énergiquement durent les deux ou trois siècles suivant les premières explorations du XVIème.


Nous  sommes rendus au bout de notre escapade occidentale, il ne nous reste plus qu’è revenir vers la plage de Portimão dont Hermione a décidément fait son terrain de jeu de référence. Nous rejoignons donc la 125 facile, relativement rapide et directe , qui nous ramène au centre ville où nous complétons le plein d’eau en passant devant l’Intermarché (sans pouvoir vider la cassette, le puisard étant toujours bouché). Retour ensuite sur notre parking de la Praia dos Três Irmãos où nous retrouvons bientôt notre place habituelle face à la mer. Soirée tranquille qui commence bientôt, la nuit tombant dès 17:30 : casse-tête, crapette pour Hermione et Monique, courrier à Olivier et Denis puis  traitement des photos pour moi.


15158    Mercredi 26 décembre 2018: PORTIMÃO (Praia dos Três Irmãos) (13 km)



Ciel ennuagé en matinée, tandis que nous nous rendons au Lidl puis au Continente de Portimão faire quelques course. De retour devant la plage la soleil apparait lors de belles éclaircies qui amènent Hermione et Monique à retourner sur la plage après le déjeuner couronné en beauté par une bûche glacée. De mon côté je reste à faire la vaisselle puis à écrire dans l’Exsis dont je tente aussi de nettoyer les panneaux solaires. Pas facile faute d’une échelle suffisamment haute…



Après-midi tranquille, lecture, traitement des photos prise depuis mon départ vers le Portugal… Hermione est rejointe en fin d’après-midi par sa petite amie irlandaise pour une autre partie sur le sable qui s’achève après le coucher du soleil, qui se poursuit dans la piscine chauffée de l’hôtel. Monique et sa petite-fille sont invitées à y retourner demain matin, alors que la mère (d’origine russe) part en excursion sur la côte (« Algarve historique ») en laissant la petite à la garde de son grand-père. Du coup Monique invitera ces derniers à un déjeuner mariscos…

En soirée après le souper Hermione initie Monique au jeu Uno, où elle est experte et gagne à tous coups; la grand-mère prend sa revanche par deux autres parties endiablées de crapette. Coucher tôt, tout ce beau monde étant bien fatigué par la journée de plein air.


15 171    Jeudi 27 décembre 2018 : de PORTIMÃO à PRAIA DE FALÉSIA (58 km)



Belle journée ensoleillée, avec quelques passages nuageux pas vraiment dérangeants. La matinée démarre tranquillement, Hermione suivi de Monique ne tarde pas è gagner la plage pour y attendre sa petite compagne, hélas sans succès puisque celle-ci ne se manifestera pas…  Pas plus que le grand-père, pourtant convié à déjeuner ! Inutile de dire la déconvenue d’Hermione qui restera boudeuse une bonne partie de la journée.

Nous décidons de ne pas nous attarder davantage sur ce spot et d’aller explorer un peu plus la côte et l’arrière-pays à l’est : un peu de nouveauté ne peut faire de mal, et puis des fois qu’on gagnerait un ou deux degrés… Nous levons donc le camp vers 14:00 pour gagner Silves, dont Denis nous a vanté le charme. Contournement de Portimão et poursuite de quelques routes secondaires dans un paysage rural vallonné et assez densément peuplé. Nous sommes bientôt dans le grand parking sous la ville resserrée sur la colline au pied des remparts de pierre rouge entourant les reste du castelo, emblématique de cette ancienne capitale de l’Algarve, ou plutôt Al Gharb, au temps des Arabes d’avant la Reconquesta. L’hôtesse de l’office du tourisme opportunément placé à proximité, me remet une carte qui nous permettra de nous orienter dans les ruelles pentues menant à la cathédrale et au château. Leur parcours nous laissera un peu déçus, l’architecture étant dans l’ensemble des plus ordinaires, avec quelques rares bâtiments un peu stylés, et beaucoup de boutiques manifestement destinées aux touristes plus qu’aux locaux… Découverte guère plus enthouiasmante de la cathédrale, assez bien dessinées dans ses volumes, mais finalement assez pauvre en ornementations et œuvres d’art. Quant au château que j’aborde seul, je m’arrêterai sous le portail d’entrée, la vue de la vaste esplanade nue contenue à l’intérieur des murs - tout ce qui demeure - ne m’inspirant guère. Les seuls restes de la grande époque musulmane sont enfouis dans le sol, et on commence  peine à les exhumer, sans qu’ils soient pour autant spectaculaires. On est bien loin de l’Alhambra…



Je redescends donc en zigonant dans les petites rues, sans faire d’autres découverte dignes de mention, et rejoins Monique et Hermione qui ont pris leur temps, juste pour leur ouvrir la porte de l’Exsis. Hermione faisant part de son ennui, nous prenons le parti de regagner le rivage en visant la plage de Falésia signalée par le guide et par Denis comme de premier plan. À nouveau quelques kilomètre de route de campagne très densément peuplée, jusqu’à aborder la très vaste station d’Albufeira remplie d’hôtels, de restaurant et de boutiques à touristes comme je les aime ! Nous la traverserons tout du long, interminable, jusqu’à ce que le tissu urbain devienne un peu moins dense et qu’apparaisse enfin les pancartes pointant vers Praia de Falésia. La nuit et tombée, nous rejoignons la mer et reconnaissons le spot fréquenté lors d’un de nos voyages précédents. La rue aboutissant au long escalier descendant à la plage étant trop pentue,  nous trouvons juste en arrière une impasse opportunément plane où nous posons notre bivouac. Il est passé 18:00, la nuit est tombée, le coin tranquille et peu fréquent en cette saison, nous y serons au clame pour souper et dormir.


15 229    Vendredi 28 décembre 2018 : de PRAIA DE FALÉSIA à FARO (39 km)

Nuit fraîche, qui me fait quitter notre coin tranquille mais trop ombragé dès le réveil pour récupérer le maximum de chaleur et de lumière, le soleil brillant encore aujourd’hui dans le grand ciel bleu. Nous allons stationner immédiatement au-dessus de l’escalier que je descends bientôt pour accompagner Hermione sur la plage où elle va continuer sa collection de galets et coquillages (qu’elle abandonnera d’ailleurs avant de remonter), jouer dans le sable et se tremper les pieds… J’apprécie le rayonnement solaire et la beauté du site, mais apprécierais une chaise de plage (laissée à Caen faute de place dans la soute…) pour soutenir mon dos vite endolori !Enfin Hermione demande à retourner dans notre chez-nous, pour la collation bien sûr…



Consultant GPS et plan trouvé sur place, je constate que d’autres accès routiers mènent directement au niveau de la plage, à son autre extrémité près de Cerro da Vila. Nous voilà bientôt sur le lacis de route, puis de chemin de terre qui nous y transporte, profitant de la découverte d’une aire de service dans un camping pour vider la cassette et refaire le plein d’eau qui décidément descend bien vite. Tout au bout de la mauvaise piste pleine de nids de poule, nous trouvons un vaste terrain bien aplani et dégagé où séjournent quelques campings cars, juste en arrière d’un petit restaurant donnant immédiatement sur l’étendue sableuse. Déjeuner, puis à nouveau petite expédition jusque dans l’eau. Hermione a revêtu son maillot de bain, le temps est superbe et elle en profite pour jouer une nouvelle fois dans les vagues.



Vers 16:00 nous levons le camp pour aller visiter l’église de Sao Lourenço, près d’Almancil, un joyau entièrement couvert d’azuléjos derrière son haut retable richement sculpté et tout doré. La route se fait assez bien grâce au GPS encore une fois indispensable, nous achetons un sac d’orange comme on en trouve tout le long de la route et arrivons en avance pour la visite. La cote du guide est justifiée et son illustration rend bien l’extrême qualité du monument : extérieur soigné et élégant, et surtout décor intérieur tout à fait exceptionnel, puisque tous les murs (complétés par le plafond) sont découpés en grands panneaux d’une dizaine de scènes narrant la vie et le martyr de Saint Laurent sur son gril. Dessins très fin et composition habile, l’artiste a su exploiter au maximum la clarté du trait et le contraste lumineux donné par la céramique bleue sur fond blanc, comme une bande dessinée grandeur nature. L’autel est lui aussi remarquable, moins par la richesse de son décor (il y a foison de grands autels baroques dans tant d’églises catholiques !) que par son état et son accomplissement formel, peu courant dans une relativement petite église de campagne.  Si je suis pas à pas un groupe de Français dont lit le descriptif de chaque scène, Hermione semble peu impressionnée et s’intéresse plus aux cierges électriques… une nouveauté pour elle. malheureusement les photos sont interdites, je devrai de contenter de quelques rares clichés glanés sur le net.



Il est 17:30, nous gagnons maintenant rapidement Faro dont je me souviens bien, allant directement stationner sur la grande place Largo do São Francisco, plus qu’à moitié vide. Y laissant l’Exsis,  nous pénétrons directement dans la vieille ville ceinte de remparts. Petit tour dans les quelques rues bien restaurées menant au Largo da Se, surtout remarquable par le long bâtiment du Palacio Episcopal couvert d’un toit en pyramides séparées de tuile rouge. La Camera do Municipio a elle aussi fière allure, en revanche la cathédrale est fermée à la visite et son clocher tronqué lui donne une allure assez quelconque. Nous ne monterons pas sur la terrasse, peu élevée, mais enfilons la courte Rua do Municipio joliment bordée qui redescend vers l’Arco da Vila, une porte architecturée qui remplaça au XVIIIe l’ancienne porte fortifiée. Ensuite c’est le bassin du port de pêche et de plaisance, bien garni, mais il n’intéresse guère mes compagnes qui préfèrent rentrer au plus court au foyer. Nous repérons en passant un Centro Ciência Viva dont Hermione est friande et qui mobilisera sa matinée de demain.

La nuit est tombée lorsque nous réintégrons nos pénates, un bon repas chaud et une très courte veillée suivront pour Monique, qu’Hermione prolongera en regardant des films sur YouTube tandis que j’achève le traitement des photos du Portugal. Coucher passé minuit dans un calme relatif.


15 268    Samedi 29 décembre 2018 : de FARO à BEJA (173 km)



Nos voisins, des jeunes néerlandais en fourgon genre un peu beatniks ont veillé fort tard, parlant fort et grattant la guitare, tandis que leur gros chien s’acharnait  à déchiqueter un bidon de plastique… si bien que h’ai pu me coucher avant que le froid les fasse se retirer à l’intérieur de leur camper. À part cela la nuit a été bonne, et les avions et trains n’ont repris leur trafic que passé 7:00.

Monique traîne au lit, Hermione et moi prenons notre temps pour nous préparer et sommes devant Centro Ciência Viva peu après son ouverture à 10:00. Nous y resterons près de 3 heures, Hermione très à l’aise essayant toutes les présentations interactives, tentant de marcher sur le tapis à tremblement de terre, observant le tourbillons qui se forme dans la haute tour en  verre, se pesant sur les différentes planètes du système solaire, et enfin et surtout, manipulant crabe, étoile et concombre de mer, bernard-l’hermite pointant leurs pinces hors de leur coquille dans l’aquarium ouvert rassemblant quelques spécimens de la faune de la ria Formosa. Ajoutez l’expo spéciale consacrée aux grosse araignées poilues et aux scorpions, plus ou moins venimeux, où nous sommes accueillis par un prof de science passionnés par ses bestioles et qui nous retiendra un bon moment pour nous en expliquer quelques unes de leurs particularités, et on comprendra la durée de notre visite…



En sortant, comme si elle ne s’était pas assez dépensée, Hermione retourne faire un  tour dans le petit parc de machines d’exercice installées au pied du rempart, et nous retournons enfin à l’Exsis pour y déjeuner de bon appétit. Las, Monique vient de recevoir le dernier document préparé par son avocat et tempête en n’y retrouvant pas les données et arguments qu’elle entend bien inclure… Nous nous préparerons donc seuls une salade autour d’une boite de maquereau sauce catalane, avant de quitter enfin la ville pour suivre la côte jusqu’à au hameau de Cacela Velha en sautant Tavira déjà visitée à deux reprises et dont l’architecture typique assez bien conservée et le site charmant au bord de la rivière ne semble nullement inspirer notre petite voyageuse.

Quelques kilomètres encore et nous atteignons le hameau en balcon au dessus de l’extrémité de la ria. Beaucoup de monde en ce samedi de fête dans les quelques rues bordées de maison basses typiquement régionales groupées autour de la petite église. La vue sur les îlots découpés de la ria et la vaste tendue de sable découverte par la marée basse fascine Hermione qui insiste pour descendre les volées de marche dégringolant jusqu’à la grève. Difficile de la convaincre que les chemin coupé  par les bâches des basses eaux est impraticable, et que de toute façon ni moi ni Monique ne nous prêterons à une telle expédition, et encore moins à la remontée…



Le soleil descend et la fraicheur s’installe, nous revenons bientôt au chaud dans le camion, tandis que Monique enfin prête se décide à aller enfin jeter un oeil rapide. Quelques minutes plus tard nous sommes prêts à repartir, mais pour où ? Nous avons pu découvrir une bonne part des richesses de la côte jusqu’au Cabo do São Vicente, et ce qui n’est pas n’enthousiasme guère Hermione. De notre côté ce ne sont pas les points d’intérêt historico-culturels qui nous ont mené ici, mais plutôt la réputation de chaleur et de lumière de l’Algarve. Or une consultation rapide de la météo autour de Lisbonne nous montre des température et un ensoleillement identiques pour les 10 prochains jours. Nous regagnerons donc le nord pour profiter une nouvelle fois de l’abondance et du haut niveau d’intérêt de ses sites. Le tracé le plus rapide suggéré par le GPS nous suggère de gagner Mertola puis Beja par la N122 (C27), une étape de 170 km que nous accomplirons dès ce soir.



Nous prenons immédiatement la route vers l’est d’abord, puis vers virons le nord juste avant la frontière espagnole à Vila Real de Santo Antonio. J’ai pu palier à la défectuosité de l’ABS en décrochant l’ASR (anti-skating r) dont semble-t-il dépend aussi l’ABS, si bien que nous ne sentons plus les petites secousses énervantes - et  inquiétantes - à chaque fois que j’appuie sur le pédale de frein. Nous filons donc à bonne vitesse sur une première partie de la N122 bien redessinée en voie expresse, puis dans la nuit bientôt venue, sur une bonne vieille route nationale portugaise au revêtement assez correct. Nous passons Mertola en admirant les murailles de son château illuminée au dessus du vieux pont à voie unique, puis affrontons une autre zone assez peu peuplée devinée dans la pénombre jusqu’à atteindre enfin la périphérie de Beja. Quelques courses au Lidl, puis au BricoMarché en entrant en ville, souper puis partie de cartes sur le vaste parking, qui se vide passé 21:00, avant d’aller chercher un bivouac tranquille dans une rue résidentielle plus proche du centre ville. Coucher tôt après cette journée un peu fatigante pour tout le monde.


15 441    Dimanche 30 décembre 2018 : de BEJA à LISBOA (Parque das Nacoes) (208 km)



Lever à l’heure habituelle (8:15), sous le grand soleil, et dans un calme étonnant compte tenu de l’environnement urbain qui nous entoure. Il est vrai que nous sommes dimanche, et que les Portugais ne semblent pas plus matinaux ce jour là que les autres Occidentaux… Nous sommes prêts à décoller vers 10:00 et prenons la route en direction du nord, plus précisément l’aire de service de Grandola où je compte refaire le plein d’eau et vider la cassette. La nationale est dans l’ensemble plutôt bonne, quoique souffrant du même problème d’usure     que les autres routes portugaises rencontrées jusqu’ici, qui auraient besoin en urgence d’une réfection de leur surface.



Je tiens cependant assez régulièrement le 90km/h réglementaire, si ben que nous avançons assez vite et respectons la planification du GPS qui nous fait arriver à Lisbonne un peu après 16:00. Paysage assez monotone de l’Alentejo, légèrement vallonné. essentiellement consacré à l’agriculture (vigne, forêts de chênes lièges exploités, vastes  cultures d’oliviers et quelques pâturages surtout occupés par des moutons…). En se rapprochant de Lisbonne nous verrons aussi quelques forêts d’eucalyptus pareillement soignées. Halte à mi-chemin pour déjeuner (Hermione a toujours faim !).



Le problème de pulsation des freins, survenu hier et encore présent depuis ce matin, semble moins présent et disparaît tout à fait sur la fin du parcours, alors que je débranche l’ASR. Pourvu que ça dure ! Ceci ne m’empêchera pas de demander une vérification du système (câble de frein à  main grippé ?) lorsque je ferai bientôt procéder à la vidange.



Enfin nous rallions la capitale. Hermione a lu, bricolé, dessiné tout au long du trajet, demandant de temps à autres « Quand est-ce qu’on arrive ? ». Nous empruntons la longue digue et le pont par lequel la N10 franchit le Tage. et obliquons plein sud sur la N1 vers le centre de Lisbonne, comme lors de mon arrivée d’Evora. Mais cette fois je laisse le GPS me guider sur l’autoroute A 1 (maintenant gratuite) jusqu’au site de l’Expo Universelle de 1998 dont Hermione veut visiter l’Oceanàrio, le plus grand d’Europe, un ** du G.V. Nous cherchons un peu pour trouver un stationnement dans les rues complètement remplies des alentours, pour finalement nous caser tout au bout de la Rua das Musas, en impasse, à proximité immédiate du long quai longeant le Tage (38°45'12.4"N  9°05'42.9"W). Monique peut longuement y jaser avec Juliette via Skype (question du don pour le chalet) mais surtout prendre des nouvelles de nos trois Ultramontains en vacances qui profitent au mieux de leurs loisirs pour fêter en famille (Mathieu), avec les copains (Gabriel) ou se livrer à leur passe-temps du moment (Juliette et son crochet). Hermione est contente de raconter sa mère quelques unes de ses découvertes (dont l’aquarium d’hier).



Pendant la discussion d’affaire de Monique avec sa fille, petit tour avec Hermione le long du quai Passeio  Ribeirinho  jusqu’à un navire à quai le Fundal, de design ancien bien mis en valeur par la lumière dorée du soir. Malheureusement des grilles cadenassées empêche de s’en approcher davantage et de monter à bord, comme je l’aurais espéré. Retour à l’Exsis que je stationne bien sagement le long de la rue à une emplacement on ne peut plus régulier, maintenant que le gros des visiteurs du dimanche se sont retirés. Adieux à Juliette, Mathieu et Gabriel, Monique s’attelle à la préparation du souper réclamé par sa petite-fille (il n’est que 18:15…). Plat de résistance :  poêlée de fruits de mer sauce au vin blanc, pomme sautés aux herbes de Provence, accompagnée de sa salade de cressons., le tout arrosé d’un bon Graves 2015  parfumé et léger. Je termine sur un tiramisu tandis que c’est au tour de Monique d’aller prendre l’air avec Hermione toujours vaillante. La soirée s’arrêtera là pour Monique qui, fatiguée, se couche dès 19:30, tandis qu’Hermione regarde la film Despictable Me sur son ordi, et que je rédige le journal. Coucher tôt dans la chambrée dès la fin du film d’Hermione.


15 649    Lundi 31 décembre 2018 : de LISBOA à SINTRA (São Pedro) (57 km)



Nuit fraiche, et le fond de l’air restera toute la journée un rien frisquet à cause du léger vent du nord qui balaie le bord du fleuve. Tandis que Monique, assez découragée, reste dans l’Exsis à retravailler le document envoyé par son avocat, Hermione et moi nous dirigeons vers l’Océonario de Lisbonne, un super aquarium créé à l’occasion de l’Expo Universelle de 1998. Le grand soleil ne m’empêche pas d’apprécier ma double épaisseur de polar, tandis que nous remontons le quai qui longe le Tage, bordé de divers immeubles contemporains dont l’un en forme de transatlantique assez original, tandis qu’à notre gauche côté fleuve, un vaste port de plaisance - à moitié complété - occupe l’espace. Nous passons les Jardim do Aguas, malheureusement clos pour entretien annuel, et atteignons enfin la billetterie du grand bâtiment en deux parties, consacré aux mers et océans, à leur flore et à leur faune, dans une perspective nettement conservationiste à laquelle je suis particulièrement sensible.



Nous traverserons d’abord deux très longues salles d’expositions temporaires, l’une consacrée à la «Forêt aquatique» recréée dans un aquarium linéaire de plus de 60 m de long par un maître architecte de jardin japonais, superbement décoratif comme les jardiniers de ce pays savent le faire. L’autre présente une très belle collection de photos de requins, de toutes sortes et de toutes dimensions, en insistant sur la perte irremplaçable que leur extermination - en cours depuis des décennies - entrainerait pour l’écosystème et, in fine, pour l’espèce humaine.



Une longue passerelle ouverte nous mène ensuite au deuxième bâtiment, l’aquarium proprement dit, en fait une énorme réservoir (volume de 4 piscines olympiques !) circulaire vitré sur 2 étages, inscrit dans un carré dont les angles supérieurs sont consacrés à quatre écosystèmes tant maritimes que terrestres et aériens, où sont évoqués le Pacifique nord (loutres de mer, …) l’Arctique (bande d’une soixantaine de petits manchots), la Forêt équatoriale et l’Océan Indien (coraux). Dans le grand bassin central évoluent une quantité et une variété étonnante de poissons, allant de toute une déclinaison de requins à des raies, poissons lune, mérous, etc. tandis que quelques femmes - ou hommes - de ménage en scaphandre autonome font la toilette des lieux, avec balayette et aspirateur… Je tente quelques photos, hasardeuses vu la lumière très diffuse et les mouvements incessants des sujets, tandis qu’Hermione passe rapidement d’un poste d’observation à un autre, sautant bien entendu les notices pourtant faciles et très pertinentes, me tirant par la manche lorsqu’elle estime que je m’attarde trop…



Monique très déprimée par la perpective de reprendre les documents envoyés par Me Devers, m’appelle pour me faire partager son désarroi, et décide de piquer un roupillons pour récupérer… Nous la retrouverons relativement rassérénée deux heures et demie plus tard, lorsque après un long retour émaillé des batifolages de la fillette qui saute de bancs en bancs, pose toutes sortes de questions inattendue, essaie les machines de mise en forme mise à dispositions sur la promenade, puis va se balancer dans le petit parc attenant à notre stationnement, nous finissons par rallier l’Exsis. Là elle s’avoue enfin un peu fatiguée, demande à ce qu’on lui descende le lit haut pour piquer un somme, mais se relève bientôt lorsqu’elle sent et entend Mamou préparer le lunch ! Je suis quant à moi un peu las et apprécie le confort du camion qui me permet de récupérer un peu ces longues heures de piétinement.

Vaisselle, puis planification de la suite de notre séjour urbain. Monique demande d’abord à voir la nouvelle gare Oriente, que nous rallions avant de nous diriger vers la station BP de l’aéroport où je sais trouver le raccord qui me permettra de faire le plein de GPL. Ceci bientôt fait, nous discutons un moment avant de décider où diriger ensuite nos roues.



Hermione choisit le parc de jeu sur le Monsanto, et nous zigonerons pendant près d’une heure dans les rues entremêlée de la capitale faute d’adresse précise dans le Michelin. Enfin nous le découvrons passé 16:00 au fond du bois, alors que le soleil a bien décliné. Site agréable très nature, à deux pas de la ville agitée, mais ses grilles sont fermées… Déçue, la petite reporte son intérêt sur le Miradouro de , tout aussi difficile à trouver avec le GPS pour la même raison. En comparant carte papier et celle du GPS nous finissons par le localiser et y arrivons au soleil couchant. Autre déception : certes depuis la troisième terrasse la vue est étendue, mais le bâtiment (probablement un ancien poste de surveillance militaire) depuis longtemps abandonné et tout barbouillé de graffitis est horrible, et la vue, portant surtout sur la périphérie moderne (essentiellement une pléiade de grands tours d’habitation) manque à peu près totalement d’intérêt, la vieille ville et ses monuments se trouvant cachés en arrière…



J’ai hâte de quitter l’agitation, la promiscuité, la pollution et le bruit de la grande ville pour entamer notre virée au nord et retrouver la côte, ses plages et ses vagues océaniques. Je convaincs mes compagnes (pas difficile pour Hermione…) de gagner Ericeia et sa plage fameuse, Monique propose une étape nocturne à Sintra, sur la place de Sao Pedro. Hélas le GPS nous dirige vers un autre Sao Pedro, au sud et nous avons bien du mal à éviter de traverser le grand pont du 23 avril (grâce à un patrouilleur avec sa remorqueuse qui nous indique une issue juste avant l’entrée du tablier. Nous revoilà dans la bonne direction, mais la nuit est maintenant tombée, la circulation est devenue infernale (heure de pointe + veille de nouvel an) et le voyant de panne imminente de carburant s’est allumé…  Bref le stress ! Je dois finalement sortir de l’autoroute IC19 dans les embouteillages pour trouver in extremis une station et faire le plein au prix courant (70,82 litres, il était temps) avant de reprendre la voie rapide vers Sintra. Ensuite c’est une autre niaiserie du GPS qui me dirige vers une Pracetta Sao Pedro à Sintra, plutôt que sur la Praça Fernando II à Sao Pedro ! Quelques errements encore, alors que la fatigue se fait de plus en plus présente, mais 10 minutes plus tard, après une autre planification directement sur la carte, nous aboutissons tout aussi directement à la place visée. Ouf ! Il est 19:15, la journée m’aura été longue et fatigante… Nous nous installons sans tarder, Monique prépare un souper léger mais reconstituant, puis Hermione attaque une nième crapette avec sa grand-mère tandis que je rédige le journal, et me couche tôt, ignorant le changement d’année à venir.


15 706    Mardi 1er janvier 2019 : de SINTRA à PENICHE Praia do São Bernardino (102 km)



Je me suis très vite endormi au calme, mais serai réveillé à deux reprises durant cette nuit : une première fois autour de minuit, par les Klaxons et les éclats de voix des fêtards de la Saint-Sylvestre, et une autre fois vers 5:00 au moment où les mêmes, avinés, quittent les restaurants et  bistrots qui ont accueilli leurs festivités… À part ces courtes interruptions après lesquelles je me suis vite rendormi, un sommeil profond qui me permet de récupérer la dure journée d’hier.



Après un petit tour de la place Fernando II qui s’éveille doucement sous le soleil et me permet de découvrir un beau jardin ancien toujours fleuri, nous nous ébranlons vers notre destination première Ericeia, à la recherche de plages animées par les vagues et au sable blond accueillant pour Hermione. Le GPS nous fait suivre d’abord un chemin plutôt rural, mais où les villages et gros bourgs se succèdent presque sans interruption, témoignant de la grande densité de la population portugaise vivant encore à la campagne. Vidange et plein d’eau plus tôt que prévu en découvrant en bord de route l’aire de service de Santa Susana.



Nous n’aurons donc pas besoin de nous rendre jusqu’au ‘à l’Intermarché d’Ericeia comme planifié, et nous arrêterons à l’entrée de la petite ville devant la première plage venue, la Praia do Sul. Mais elle est resserrée entre les rochers, peu ensoleillées et loin du stationnement donc sans possibilité de jeter un œil sur la fillette depuis l’Exsis. Nous repartons donc presque aussitôt, après qu’Hermione ait récupéré fleurs - qu’elle nous offre - et petit bateau votif typique échoué sur la plage…

Nous nous reprenons quelques kilomètres plus loin à la Praia do Sao Lourenço, nettement plus agréable, sur laquelle nous passons près de 2 heures. Je reste sur le sable auprès d’Hermione qui s’en donne à coeur joie, tandis que Monique essaie d’avancer ses écritures dans le camion,  jusqu’à ce que la demoiselle se dise déclare forfait et demande à aller plus loin. Nous reprenons donc la route  vers le nord en direction de Peniche, dans l’idée de monter ensuite peut-être un peu plus haut visiter quelques points d’intérêt susceptibles d’intéresser Hermione (Batalha, Conimbriga, etc.). Une heure trente plus tard nous atteignons notre objectif en coupant à travers terre, la route côtière s’avérant particulièrement lente, et même sur la nationale le trafic, encombré par des conducteurs du dimanche, s’avère assez lent.



Avant même d’entrer dans la ville de Peniche, Monique nous dirige vers les plages du sud, magnifique et nous passerons un autre deux heures les roues dans le sable devant celle de Sao Bernardino. Elle est fréquentée par toute une bande de surfeurs à cause des gros rouleaux qui s’écrasent  - trop -vite - avec fracas et violence en venant mourir sur le sable pentu de la plage. J’ai la surprise d’y découvrir parmi eux le propriétaire d’un Exsis très semblable au nôtre n’était-ce la couleur (bleue) et l’aménagement (il s’git du modèle SK, comme le premier qui a brûlé).  Petite discussion, présentation de quelques aménagements il me remet l’adresse d’un forum anglais de propriétaires d’Exsis ! J’y trouverai en particulier le Little Exsis Book, une compilation réalisée par l’un des membres de l’essentiel des échanges, classés par thématique. Document des plus précieux que je potasserai plus tard et dont j’enverrai une copie à Jef.



Hermione, qui a eu le temps de récupérer en regardant un film sur l’ordi pendant la route,  y retrouve toute son énergie et retourne derechef jouer dans les vagues sans manifester de fatigue avant longtemps. Il faut la descente du soleil et la faim pour la faire revenir à l'Exsis quémander une collation et surtout nous rappeler notre promesse d’une pizza pour fêter la nouvelle année (!). Toute une célébration ! Elle va même jusqu’à repérer d’elle-même une pizzeria sur le GPS…

Vers 18:00 nous quittons donc notre bord de mer où les voitures des amateurs de plage se sont raréfiées avec la tombée de la nuit, pour nous diriger en ville à l’endroit indiqué. Hélas, le restaurant est fermé pour l’hiver… Un petit tour dans les quelques rues commerçantes nous montre une ville bien endormie dont l’activité doit être plutôt saisonnière. Nous finissons malgré tout par dégoter un estaminet qui s’est fait une spécialité de restauration rapide et offre entre autres toute une carte de pizzas. Cela fera l’affaire, et nous ne ferons pas trop tache dans la clientèle jeune fréquentant l’établissement.



Après ces agapes qui semblent contenter  l’appétit et le goût de  sortie d’Hermione, nous retournons dormir sur la praia do São Bernardino, maintenant complètement désertée à l’exception d’un seul fourgon allemand, un Westphalia James Cook de haut niveau sur Sprinter. Nuit des plus sauvage, seulement animée par le fracas des gros rouleaux qui se brisent sur la plage à proximité.


15 808    Mercredi 2 janvier 2019 : de PENICHE (São Bernardino) à PENICHE (Cap Carvoeiro) (7 km)



Ciel gris au réveil, qui fit paraitre plus frais le petit vent qui balaie la plage. Cela n’empêche pas Hermione de gagner le sable et les vagues dès après le petit déjeuner. Elle y jouera pendant deux heures jusqu’à revenir bien entendu trempée, et semble-t-il, un peu choquée par le froid; elle s’allonge sur le siège avant et s’emmitoufle en fermant à moitié les yeux, puis refuse de bouger et même de manger ! Elle passera ainsi une bonne partie de l’après-midi, sans son habituelle énergie et entrain. Comme le ciel continue à montrer de gris nuages gris malgré de belles éclaircies, nous décidons de quitter la plage pour aller faire quelques courses, d’abord au Lidl où je retrouve mon pain favori, puis à l’Intermarché pour compléter.



L’après-midi est bien avancé, Hermione a maintenant bien récupéré, on peut donc penser à explorer un peu plus le bel environnement de Peniche et, en particulier, aller voir à quoi ressemble le Cabo  Carvoeiro, à l’extrémité ouest de la péninsule. Quelques kilomètre nus mène jusqu’au phare que l’on contourne, au milieu d’un champ de gros rochers bizarrement creusés par l’érosion marine. La lumière grise en atténue les contrastes, comme ceux de la falaise très découpée aux abords du cap, tandis qu’à l’horizon se devinent les îles de Bellenga et, plus petite, celle de Farilhoes.  La lumière ne tarde pas à baisser complètement, le vent frais nous garde à l’intérieur où Monique travaille d’arrache pied à la révision des conclusions envoyées par Me Devers.



Souper dans la nuit, puis coucher sur le petit parking en avant du phare, derrière le restaurant et la plate-forme d’observation qui occupe l’extrémité du cap. En soirée partie de cartes avec Hermione, tandis que je relis et tente de corriger le texte élaboré depuis deux jours. Tandis qu’Hermione et Monique très fatiguées se couchent tôt, je veille jusqu’après minuit, complétant les noms de fichier de mes journaux de voyage en y incluant les dates de début et de fin.


15 815    Jeudi 3 janvier 2019 : de PENICHE à POVOA DE PENAFIRME (Av. do Atlantico) 38 km



Nuit tranquille, et surtout grand soleil au réveil. Du coup le panorama sur les falaises, les rochers et la mer en est tout transformé, la lumière resplendissante intensifiant contrastes et couleurs, particulièrement les bleus du ciel et de la mer omniprésents. dès son lever Monique se remet au travail, reprenant le texte mis au point hier pour en extraire les points saillants et surtout les questions qu’elle entend poser ou discuter avec Me Demers, son avocat.

Nous quittons bientôt le vaste paysage pour retourner vers le centre de Peniche et faire le plein d’eau sur l’aire de l’Intermarché. Je dois longuement patienter en attendant qu’un empoté fasse son plein à la bouteille, ne s’étant pas équipé de raccord approprié au robinet pourtant standard… j’installe l’un de mes raccords rapides et il finit par libérer la place, après avoir enfoncé à force son boyau lui aussi exempt de raccord femelle… Puis c’est la vidange de sa cassette, pareillement interminable avec multiples rinçages, désinfection de la cavité sous la cuvette, etc… Quant à moi la question est réglée en 5 minutes, et nous regagnons la belle plage découverte à notre arrivée avant-hier.



J’accompagne donc Hermione sur le sable, elle a retrouvé toute son énergie et, munie de ma pelle pliante de G.I., s’attaque immédiatement à la construction d’un énorme château de sable qu’elle entoure d’un profond fossé… Puis elle s’avance vers l’eau pour batifoler dans les vagues comme hier, mais la température étant aujourd’hui nettement plus agréable, sans la réaction adverse observée hier. Pendant ce temps Monique continue de travailler sur son ordinateur, puis nous envoie jouer sur la dune pendant sa longue entrevue téléphonique avec son avocat à 13:00. De retour sur la plage, Hermione c.re une étrange et intéressante composition avec des morceaux de roseaux, d’autres bois flottés et des plumes trouvés sur le sable, avant que vers 14:30 nous retournions vers l’Exsis où nous retrouvons Monique satisfaite de sa conférence et surtout un peu moins stressée par les procédures qu’elle a initié.  



Nous mangeons alors un morceau, et c’est au tour de la grand-mère d’accompagner sa petite-fille au bord de l’eau tandis que je fais la vaisselle… L’après-midi s’écoule ainsi, tranquille, environnés de surfeurs qui viennent profiter des grosses vagues exceptionnelles déferlant sur la plage dans un grand fracas, jusqu’à ce que nous décidons de reprendre la direction de Lisbonne en longeant la côte par les petites routes indiquées « pittoresques » sur l’atlas Michelin (liseré vert).  



Effectivement dans le soleil descendant qui rougit progressivement le ciel, après un court trajet davantage à l’intérieur plutôt vallonné, nous passons de plages en plages, toutes magnifiques, jusqu’à observer le coucher rougeoyant de l’astre sur celle de Santa Rita, pareillement immense…



Le froid devient beaucoup plus présent, et nous nous arrêtons peu après le long de la mer sous le bourg de Povoa de Penafirme, et au-dessous de l’avenida do Atlantico bien nommée, juste au-dessus de l’océan (Praia do Mirante) dont la rumeur bercera nos prochaines heures. Souper de crêpes - préparées en partie par Hermione !  - partie de cartes maintenant coutumière tandis que je rédige ces lignes, nous nous coucherons encore une fois assez tôt après cette autre belle journée de plein air.


15 853    Vendredi 4 janvier 2019 : de POVOA DE PENAFIRME à SANTA SUSANA



Ciel clair avec quelques passages nuageux devant la plage dont les gros rouleaux se brisant bruyamment à moins d’une centaine de mètre auront constitué le fond sonore de notre nuit.



À 9:30 Hermione est déjà sur la plage pendant que nous émergeons tranquillement, assistant au lever du soleil derrière la colline qui nous domine. Je l’accompagne bientôt, fasciné par la violence répétée de l’Océan qui envoie ses vagues à l’assaut du rivage, le haut mur qui gonfle progressivement reprenant sans cesse son mouvement jusqu’à s’écrouler en une énorme et bruyante débauche d’écume qui pousse petit à petit ses liserés un peu pus loin sur le sable blond. Vivacité des couleurs, variations infimes du mouvement dont seule la force s’amplifie ou s’atténue… Hermione semble jouer au chat et à la souris avec le déferlement blanchâtre, s’avançant progressivement de la mer lorsque le flot se retire, ou au contraire se hâtant de remonter lorsque qu’il s’avance plus haut, poussé par une vague particulièrement haute.



Pendant ce temps, Monique restée dans l’Exsis met la dernière main aux corrections du texte envoyé par Me. Devers puis rédige et envoie laborieusement (l’informatique… !) un courriel l’accompagnant à Lyon. Enfin soulagée de ce pensum, elle se montre un peu moins stressée pour répondre à l’appétit d’Hermione que le grand air a encore une fois affamée. Je prépare un plat de pâtes (mes compétences culinaires étant des plus limitées, Mathieu et Juliette se souviennent encore des plats de spaghettis, ma spécialité en l’absence de leur mère !) qui sera rapidement et intégralement avalé. Monique peut alors aller faire un autre tour sur la plage avec la fillette à la recherche de galets colorés et de coquillages, tandis que j’achève la vaisselle.



Vers 15:00 nous quittons ce merveilleux bivouac pour reprendre la direction de Lisbonne en suivant la côte en autant que possible. Nous voilà donc partis à travers la campagne assez vallonnée et verte où les villages de petites maisons blanches se succèdent au fil des virages. Nous retrouvons bien vite la mer à la Praia de Pisaro, tout au bout de la longue grève ininterrompue où nous étions, où chaque village ou hameau donne un nom différent à «sa» plage. Pause photo sur le petit parking et miradouro au bout du promontoire, au-dessus d’un gros rocher percé.  

Nous continuons ainsi jusqu’à rattraper l’Intermarché de Ericeira dont je compte utiliser l’aire de service. Nous faisons quelques courses, puis nous dirigeons vers la borne pour découvrir qu’elle est maintenant payante, contrairement aux indications  de mon guide téléchargés… Mi-vexé mi-déçu, je décide de retourner par l’aire de Santa Susana utilisée à l’aller (7 km) où nous passerons la nuit sur le grand parking attenant. Auparavant je me rends au Lidl voisin pour quérir mon pain favori et Hermione quelque pâtisserie… (Elle choisira des beignes bien chocolatés !). Monique profite également de cette étape pour faire un peu de lessive sur les grosses machines installées en plein air, comme il y en a maintenant dans beaucoup de parkings de supermarché. Bien pratique pour les camping-caristes !



Dans la nuit nous gagnons enfin le bivouac prévu pour ce soir. En nous y installant, un grand bâtiment illuminé se découvre au loin : c’est le monastère de Mafra qui nous intrigue assez pour que nous décidions d’en faire la visite demain. En attendant, souper tranquille puis coucher tôt des deux dames, tandis que j’écris jusque passé minuit.


15 890    Samedi 5 janvier 2019 : de SANTA SUSANA à LISBOA (Parque das Nações) (68 km)



Le bruit de la route a été trop ténu pour déranger notre sommeil, aussi ne nous levons-nous que pass 9:00. Après douches et déjeuners je commence par faire les services (plein et cassette) puis entreprend de purger les canalisations et le réservoir d’eaux grises du sable et autres déchets qui s’y sont accumulés au cours des derniers mois, et commencent, semble-t-il, à  en réduire le débit. 10 minutes de jet à bonne pression dans chacun des siphons, puis complet remplissage et vidange du réservoir qui se vide à gros bouillon, et tout semble semble revenu en ordre. Nous sommes maintenant prêts à gagner Mafra, où le monastère palais du roi Jean V attend notre visite.



Quelques minutes de route agreste sous le grand soleil et nous atteignons le grand parking dont une partie est réservée aux camping-cars, complété d’une aire de services (à borne payante elle aussi) mais des petites bornes bleues garnies de prises ad hoc offrent aussi le branchement électrique, et gratis, qui plus est ! Inutile de dire que toute ou presque sont occupées, de longs câbles les reliant à une vingtaine de camping-cars de toutes sortes, dont un ancêtre : un très vieux Notin portant encore sur son toit les vrais lanterneaux qui ont donné depuis son noms à nos modernes ouvertures zénithales.



Laissant l’Exsis bien orienté plein sud pour tirer le maximum d’énergie du soleil particulièrement brillant, nous gagnons rapidement le monument. D’abord un petit tour dans l’abbatiale, au centre de la longue façade de lignes classiques, mais au décor baroque. Ses proportions assez lourdes ne nous emballent guère, et surtout l’ambiance nous parait froide, malgré la débauche de statues italiennes, les grands tableaux et les ors dispersés un peu partout. À noter cependant la coupole très claire et l’étonnant ensemble de 6 beaux orgues classiques aux angles retiennent mon attention.



Quant au reste du bâtiment, son énormité ne lui conférant pas la grandeur et l’élégance d’un Versailles auquel sa taille le fait comparer (longueur de la façade ouest : 220 m. Je me souvenais de son apparence extérieure, mais affligé d’une lombalgie (dont j’ignorais alors l’origine rénale) j’avais renoncé à sa visite intérieur lors de mon passage en 2009 avec Gilles et Dominique. Nous voilà donc partis à parcourir les immenses corridors reliant les centaines de pièces entre elles. Heureusement tout n’est pas visitable, mais seulement, pour la partie monastère, essentiellement un petit musée d’Art religieux menant à l’infirmerie des moines et à ses dépendances (pharmacie, grande salle où les alcôves sont séparées par des rideaux, cellules du personnel soignant, cuisine) que l’on a remeublés. Puis ce sont les appartements royaux, autrement riches, organisés autour des 2 tours Nord (le Roi) et Sud (la Reine), dont les innombrables pièces se succèdent tout au long des interminables galeries en U bordant les façades.

Après cette longue visite qui me conforte une fois de plus avec le sentiment d’injustice  et d’exploitation que les puissants de l’époque, royauté, noblesse et église, exerçaient sur le menu peuple maintenu dans l’ignorance la domination et la pauvreté, nous réchauffons un peu au soleil (ces vieilles pierres sont glacées) et déjeunons. Longue conversation ensuite avec le jeune propriétaire d’une légende, un vieux, très vieux Notin (32 ans, dit-il) qui est parti avec en sabbatique, avec sa jeune femme et sa fillette de 2 ans,  après avoir restauré un peu l’intérieur. Un projet qui nous rappelle notre propre sabbatique de ’88-89…

C’est donc assez tard que nous reprenons la route pour regagner Lisboa où nus retournons sur notre spot déjà connu, dans le Parque das Nações, au bout de la rua das Musas. Soirée tranquille à jouer, écrire et lire.


15 958    Dimanche 6 janvier 2019 : LISBOA : Parque das Nações



Toujours grand soleil, même si le fond de l’air reste frais.

En matinée je me rapproche du Ciencia Viva que Hermione visitera longuement avec sa grand-mère, tandis que je reste au chaud et au soleil dans l’Exsis pour achever la vaisselle, faire un peu de ménage et écrire. Monique et la fillette reviennent passé 13:00, nous mangeons puis nous interrogeons sur l’activité susceptible d’intéresser pour l’après-midi.

Finalement nous optons pour le Jardim zoologico. dont on nous a dit beaucoup de bien. Chemin rapide à travers la ville, mais difficile de trouver l’entrE de l’attraction très mal indiqué, et encore plus le parking. je finis par m hisser sur un petit terrai vague à proximité et nous y laissons le camion vers 15:30 pour nous lancer dans l’exploration des 26 hectares du jardin. Entrée u peu chère (46 € pour nous trois…) mais la conception ancienne assez bien conservée (îlots entourés de grilles et de fossés) et son décor architectural fin de siècle lui donne un charme  indéniable, sans parler de la variété des animaux présentés et du contenu informatif assez au point. En revanche le cadre végétal, pourtant très riche lui aussi et bien soigné, est loin d’être à son meilleur vu la saison. Mais surtout la vue à répétition de tous ces animaux encagés ou confinés, quand on sait combien c’étaient de magnifiques créatures adaptée à la vie en liberté et sur de vastes espaces, finit par laisser une impression amère, particulièrement dans les pavillons et espaces consacrés  aux grands singes, si proches de notre espèce… Avec la chute du soleil, le froid finit par s’installer, les photos deviennent de plus en plus sombres et indistinctes, et de toute façon presque tous les gros animaux, originaires de contrées plus chaudes,  rentrent dans leurs abris nocturnes et deviennent invisibles.

Vers 17:30 nous achevons notre visite en grimpant dans l’une des nacelles du petit téléphérique qui fait le tour du parc, donnant une autre vue intéressante des enclos et des quelques animaux encore dehors. Mais la nuit tombe, et avec elle le froid humide pénétrant qui me fait désirer retrouver rapidement la chaleur de notre cocon. Nous nous hâtons donc vers la sortie, pas évidente dans ce labyrinthe, et pouvons enfin nous dévêtir sans craindre d’attraper un rhume. Après quelques minutes d’hésitation quant à l’activité de demain qui pourrait suggérer un bivouac,  nous renonçons à trancher et décidons de retourner au Parque das Nações que nous connaissons bien maintenant et dont nous savons l’hospitalité sans problème.



Retour rapide à notre base donc. Monique entreprend de rassembler les vêtements dispersés dans les placards et rangements pour préparer la valise, Hermione prépare une soupe à l’oignon et nous soupons tôt et léger. En soirée Monique et Hermione (qui a eu le temps de regarder Bambi sur mon ordi dans la journée !) renoncent à leur habituelle partie de crapette pour se coucher tôt, tandis que j’achève de traiter les photos des derniers jours, surtout celles de Mafra, ce qui m’amène à retourner dans les albums de 2009, lors de ma visite avec Gilles et Dominique, pour m’apercevoir que les clichés ont été peu ou pas corrigés et dénommés, et surtout se trouvent dans un beau cafouillage (date mélangées et inexactes…). Je commence à corriger tout ça en recourant à mon journal, lui bien tenu, ce qui me mène très tard jusqu’à presque épuisement de la batterie du McBook. Il est passé 1:15, donc grand temps de se coucher…


15 985    Lundi 7 janvier 2019 : LISBOA Parque das Nações



Réveil sous un autre ciel bleu et soleil resplendissant. Monique passe la matinée à équilibrer et boucler les valises, faire le tour des armoires pour sortir, répartir et replacer nos effets, tandis que je l’assiste de mon mieux et met la dernière main aux compte-rendu des jours précédents.



À 13:30 décollage pour gagner le centre ville ancien, aux alentours de la Praça do Comercio maintenant libérée du stationnement des véhicules. Trajet rapide en longeant le fleuve pour aborder, 20 mn plus tard, le centre ancien que nous avions découvert il y a maintenant 40 ans; mais si la vue et même l’accès à l’eau a été maintenant pas mal améliorée, il n’en est pas de même pour ce qui est du stationnement, et nous devons dépasser de près de 2 km notre objectif pour trouver, avec beaucoup de chance, un petit espace à nos mesures avenida 24 de Julho où nous laisserons l’Exsis.  Après avoir longé un peu le quai, nous coupons par l’intérieur sur la rua de l’Arsenal. Monique, fatiguée par un point douloureux dans le dos, renâcle à marcher et se renseigne auprès d’un mini-taxi électrique genre triporteur pour faire un tour des vieux quartier, mais est rebutée par le prix demandé (50€ pour une petite heure...) Nous nous rendons jusqu’à l’Arco  de la rua Augusta qui donne sur la place, magnifique dans la lumière chaude de la fin d’après-midi. Je décide alors mes compagnes à faire le pittoresque trajet du  tram 28 qui parcourt la vieille ville d’un bout à l’autre ; à l’ouest on se rend jusqu’à au terminus de Campo Ourique sur les hauteurs, puis retour dans le Baixa en direction est (terminus Marin Moniz). Nous n’irons cependant pas jusqu’au bout, Monique craignant un trajet trop long à travers l’Alfama et préférant interrompre la balade à deux pas de la cathédrale. Petit tour à l’intérieur du vénérable monument dont le pur roman me rappelle beaucoup l’Abbaye aux Dames de Caen… Le temps de manger ensuite sur le parvis un petit morceau de gâteau pour notre affamée, et nous coupons finalement au plus court pour regagner le quai. Nous ne verrons donc rien du fameux Alfama, arrivant juste au niveau de la Casa dos Bicos, là où se trouvait la grève devant les remparts de la ville médiévale. Hermione y découvre un grand  module de jeu, genre toile d’araignée qui l’attire aussitôt, et demande à y rester jouer un moment…



Je regagnerai donc seul l’Exsis en longeant tout le quai, un joli parcours qui me donne à voir le coucher du soleil sur la Mer de Paille, éclairant à contrejour la haute statue du Cristo Rei sur la rive sud du Téjo, et surtout la silhouette à contrejour du Pont du 23 avril. Le crépuscule est là lorsque je parviens enfin à mon but, et me mets au volant pour revenir sur mes pas et embarquer mes deux compagnes à deux pas de la Praça do Comercio, sur le stationnement du Terreiro do Paço.  

Retour ensuite dans la nuit au Parque das Nações pour un dernier bivouac à l’extrémité de la rua das Musas qui aura été pour nous un havre providentiel dans cette grande ville très dense. La soirée passe rapidement à finaliser les bagages puis un coucher tôt des deux voyageuses (pas de crapette ce soir…), tandis que je transfère les photos des deux derniers jours et les traite. Coucher autour de minuit.


16 004    Mardi 8 janvier 2019 : de LISBOA à OBIDOS (131 km)



Lever sans traîner à 8:30 pour nous préparer rapidement et gagner l’aéroport heureusement très proche. Je laisse mes deux voyageuses avec leurs grosses valises sur le quai des départs à 9:48, donc deux heures juste avant leur décollage sur Transat à 11:45. Je dois repartir aussitôt, laissant la place aux bus dont j’ai usurpé le quai, le dépose-minute m’étant  inaccessible vu la hauteur de l’Exsis…



J’hésite alors un peu où me diriger, décide bientôt de commencer par faire les pleins et vidanges en remontant vers le nord, mais pressé par la circulation lisboète, oublie de me ravitailler en GPL  alors que je sais la chose facile à la station BP de l’aéroport. Je rattrape bien vite la IC 19 en direction de Sintra où je sors de la voie rapide, me perds un peu dans ses ruelles accidentées, finis par rallier l’accueillante aire de Santa Susana sur laquelle je fais un nouveau et long arrêt. Je profite alors du beau soleil et de la solitude pour  laver un peu le bas du camping-car qui en a bien besoin !



Reste le plein de gasoil que j’irai faire sur la station de l’Intermarché de Mafra, peu éloignée. Avisant alors une officina (atelier) de mécanique juste en face, je me préoccupe de la vidange d’huile et d’une inspection de mes freins toujours fantaisistes, quoique efficaces. Rendez-vous pris pour 14:00, ce qui me laisse juste le temps de manger et de faire quelques courses d’épicerie (pas riche, le magasin, on est loin de la variété française…). À l’heure dite je me présente à l’atelier de Motocristo, les employés reviennent juste de leur déjeuner, l’Exsis rentre aussitôt, monte sur le pont et…  je le perds de vue pour une heure et demie. Facture raisonnable, (100 € pour l‘huile synthétique et le filtre, 60 pour la main d’oeuvre, mais la «mise au point», trop hâtive ou sans réel diagnostic, ne semble pas avoir changé grand chose aux vibrations dans la pédale de frein. On verra donc à mon retour à Caen.



En quittant Mafra à 15:30 je passe au Lidl juste à côté, complétant ainsi les pleins d’eau, de carburant et de victuailles, regrettant seulement de ne pas m’être aussi réapprovisionné en  GPL. On verra plus loin, de toute  façon il devrait m’en rester au moins pour une dizaine de jours.

Poursuivant ma remontée tranquille vers la côte au nord, je décide alors de rouler jusqu’à la nuit en contournant Peniche et de me rendre jusqu’à Obidos. Lacis de petites routes dans cette campagne décidément bien plus densément peuplée que je ne l’aurais cru, puis derniers km sur un bout d’autoroute - gratuite ! - pour sortir vers la vieille cité au moment où le ciel doré souligne le contour de ses murs crénelés. Renonçant  à dormir dans le faubourg au pied de la vieille ville je préfère gagner le vaste parking vide de la curieuse église hexagonale du Senhor da Pedra à un petit kilomètre dans la plaine. Soirée tranquille à écrire, écouter un peu de jazz et revoir mes photos.


16 135    Mercredi 9 janvier 2019 : de OBIDOS à NAZARÉ Praia do Norte (54 km)



Nuit un peu bruyante à partir de 7 heures, ce qui ne m’empêche pas de faire le plein de sommeil. L’église restant fermée, je décolle aussitôt prêt vers 9:00 pour rejoindre la mer. Le GPS M’entraine sur des routes secondaire plutôt jolies, je rejoins un bout d’autoroute près de Caldas da Rainha  où j’aperçois une grosse station vendant du GPL. Mais la préposée a reçu l’ordre de n’en point vendre aux autocaravanes… En revanche elle a en stock des raccords au standard portugais et filetage identique au mien. 20 € pour un bout de laiton tourné, ce n’est pas donné, mais avec cela plus de crainte de tomber en  panne de chauffage… Je ferai donc le plein plus loin !



Je finis par arriver à Foz de Arelho, juste au dessus de la lagoa de Obidos, une large échancrure d’eau barré à son débouché océanique par une barre de sable prolongé d’une plage magnifique. Il fait très beau, une balade bien aménagée (trottoir de bois suspendu sur les dunes) suit  la crête au dessus de l’Océan. On y a  construit de belles maisons contemporaines verre et béton d’inspiration très californienne dont plusieurs feraient mon affaire…  Je descends ensuite au bord de l’eau côté lagune, il y fait très chaud et la lumière est magnifique, donc photos… Je profite du soleil et du grand air, repère un vaste parc à camping-car  fort ben situé au bord de l’eau (6 €/jour avec service, + 2 € pour l’électricité, rien à dire !).



Après ce bon bol d’air je reprends la petite route qui longe la côte et me mène à un autre site intéressant : entre Salir de Porto et Sao Matinho do Porto, une autre enclave marine presque circulaire reliée à l’océan par une passe étroite, ce qui la met totalement à l’abri des courant et du vent. On ne peut rêver lac plus sûr avec des enfants. En arrivant du côté sud je commence par monter au miradouro qui domine le village de Salir do Porto,  d’où la vue s’étend largement sur le plan d’eau en dessous, bordé par des hautes dunes du coté océan, et par une frange d’hôtels et maisons de vacance côté terre, le tout serti de verdure. En redescendant à travers les ruelles étroites et sinueuses de Salir je gagne l’espace protégé aperçu d’en-haut pour une petite promenade dans la dune à observer nature et oiseaux. Déjeuner sur le grand parking destiné aux promeneurs, puis suite de la route en direction de Nazaré. sur une petite route de crête qui offre de belles vues sur la vile. Me rendant  d’abord au miradouro de Pederneira j’admire d’abord la courbe de la plage, la ville étonnamment régulière en arrière dont les rues se coupent perpendiculairement (plan bien rare au Portugal !) et le Sitio campé haut en arrière, se terminant par le Forte do Sao Miguel Arcangelo et son phare dominant l’Océan. Joli coup d’oeil, que je complète par un petit tour dans le cimetière de l’igreja de la Misericordia, fermée pour cause de vandalisme… Le cimetière très vaste est très dense et peuplé, servant probablement à toute l’agglomération de Nazaré, puisque ce fut le berceau de la ville. Mais il est surtout garni d’une multitude de statues de marbre blanc d’un style compassé, parfois même identiques les unes aux autres, représentant une pleureuse, parois ailée, parfois non, qui finit par donner un air un peu irréel à cet amoncellement de monuments funéraires…



Je contourne ensuite la ville basse pour gagner le Sitio où je stationne difficilement, sa popularité ayant rendu nécessaire un plan de circulation assez gymkhana, surtout avec un véhicule comme le mien. Je finis par me caser pour aller admirer le panorama depuis la capela (ermida da Memória) Celle-ci, joliment décorée d’azuléjos polychrome (toit) et bleu (intérieur) évoque la légende du cavalier près de tomber de la falaise derrière le cerf qu’il poursuivait, sauvé par l’intervention miraculeuse de la Vierge.  Effet intéressant des céramiques garnissant intégralement murs et plafond de la minuscule nef, et aussi de la crypte encore plus exiguë. sous l’autel. La place devant l’église  aussi vaut le coup d’oeil, formant parvis à l’igreja de Nossa Senhora da Nazaré que je contourne pour aller faire le tour jusqu’au farol (phare) installé au-dessus deu Forte de Sao Miguel Arcangelo, qui défendait la plage de ce côté. Rude descente à pied (je n’ose y engager l’Exsis, incertain du stationnement à l’arrivé…)  et jolies vues sur la très longue praia da Norte où j’irai ensuit établir mes pénates. Quelques fourgons et camping-cars y demeureront pour la nuit, après le départ des dernières voitures à l’issue du magnifique coucher de soleil.

Il est 17:30, la nuit s’établit, je travaille durant la soirée sur les photos, entendant à peine les gros rouleaux déferlant sur le sable à quelques centaines de mètres, et juste dérangé quelques minutes par les manoeuvres d’un gros 609D Mercedes tâchant de se caser à côté de moi sur la petite plate-forme que j’occupe au-dessus de la plage.


16 189    Jeudi 10 janvier 2019 : de NAZARÉ à PRAIA de MIRA (152 km)



À 8:00 je suis debout, dès que le soleil émerge derrière la colline au dessus de nous. Après douche et déjeuner je me hasarde un peu sur le sable, jusque là où les grosse vagues de l’Atlantique achèvent leur longue course en roulant sur le sable granuleux qu’elles réduisent un peu plus en  poudre à chacun de leurs assauts. Il fait très beau, même si encore un peu frais, mais la température ne fait que commencer sa course ascendante qui la fera grimper jusqu’à près de 16°C en début d’après-midi.



Comme prévu je me dirige vers le nord en suivant la route côtière qui file le plus  souvent en vue de la mer, à travers des forêts assez lâches de pin et d’eucalyptus. Mais je ne tarde pas à m’apercevoir que tous ces arbres noirâtres et défeuillés sont en fait les séquelles d’immense incendies récents qui ont dû toucher des dizaines de milliers d’hectares. Effectivement de vastes zones ont été dégagées et le sable des dunes mis à nus par les travaux de nettoyage en cours, en attendant leur - éventuel ? - reboisement.

Le rivage, à peu de distance, est tout ourlé de plages qui se succèdent. Je fais quelques détours pour m’en approcher au plus prés, toutes sont immenses, limités à l’occasion par quelque falaise, et vides, ce qui n’est pas étonnant vu la saison, mais leurs dimensions font que quelque soient les foules européennes déferlant ici, on ne saurait y retrouver la promiscuité et l’entassement si communs sur les plages méditerranéennes. : praia Legua, praia Paredes, … À Sao Pedro de Moel impossible de rejoindre la plage au centre du village, mais en sortant après avoir découvert les statues du roi Dinis et de la reine Isabel (13ème s.) je suis sur plusieurs kilomètres  la très longue praia Vehla… Je finis par m’arrêter sur la grande place centrale de Praia do Pedrogao où je déjeune puis passe le plus chaud de l’après-midi à nettoyer et polir les fenêtres en lexan de l’Exsis. Il fait presque chaud tandis que j’arrive au bout de ma besogne, satisfait du résultat qui me  re-donne  une vue claire de mon environnement. Quelques pas sur les rochers à observer les pêcheurs, patients, qui lancent leurs lignes dans les tourbillons écumants à leurs pieds, abondamment éclaboussés par les embruns, et je repars en poursuivant ma remontée de la côte.



Je finis par arriver à Figueira do Foz, ville importante où je me mets à la recherche de GPL et d’eau pour mes bouteilles potables qui arrivent à leur fond. Plusieurs essais et la consultation de la liste téléchargée me laissent sans guère d’espoir lorsque, en gagnant l’aire de service apparaissant sur monGPS, je découvre qu’il s’agit d’une station Jumbo vendant également GPL et gasoil à très bon prix (1,19 €/l). Une autre ressource à noter ! Sur ces entrefaites Monique me rejoint sur FaceTime et nus avons une longue conversation : elle est bien rentrée et commence à récupérer, douillettement installée en robe de chambre dans son bureau d’où elle reprend le contrôle sur ses affaires et celles de la maison. Timide apparitions d’Hermione qui se fait couver et semble rechigner à retourner  l’école… Quelques nouvelles de Mathieu qui peine à prendre le dessus  dans sa relation avec son amie dont la santé mentale ne semble guère s’arranger et qui, d’autre part, tâtonne dans sa réorientation professionnelle. Nous convenons de le soutenir, sans l’assister cependant à moins d’urgence.

Je repars tous pleins complétés, en regrettant seulement ne n’avoir pas résolu le problème des freins qui continuent leurs errements à chaque démarrage, tant que l’ABS ne s’est pas déclenché. On verra en France où je tâcherai de trouver un technicien compétent et abordable.



Pas grand chose à voir à Figueira do Foz, sinon un petit tour signalé parle G.V. du côté du Cabo Mondego, qui offre quelques belles vues sur la ville depuis ses hauteurs, sans rien d’extraordinaire… Le soleil commence à baisser et les teintes se réchauffent lorsque je reprends ma route en tâchant de suivre la petite route côtière indiquée sur l’atlas Michelin, Mais au moment de m’y engager à Quiaios, un Portugais qui me voit exan=miner ma carte s’approche et , en français, me déconseille fortement de m’y hasarder, vu l’état déplorable de la chaussée. Je rattrape donc la N109, rectiligne et large, mais dont le revêtement mériterait lui aussi une sérieuse réfection (autoroute parallèle…),  qui traverse à petite vitesse et sans interruption une foultitude de petites agglomérations, dans une circulation assez dense… La nuit tombe lorsque las de conduire dans ces conditions je bifurque vers l’ouest pour gagner très rapidement la chic station de Praia de Mira où je vais passer la nuit, stationné en plein centre juste au dessus de la plage.


16 341    Vendredi 11 janvier 2019 : de PRAIA de MIRA à ESPINHO (92 km)


Nuit tranquille après avoir consacré la soirée à rattraper mon retard de courrier et à un long appel à Gilles pour lui donner des nouvelles et anticiper un éventuel voyage ensemble en Italie du Sud fin mars (éventualité dont nous avions parlé…) Si la nuit est fraîche (6°), je ne la crains pas maintenant que ma provision de GPL est renouvelée, et au matin, bien reposé, le soleil est à nouveau au rendez-vous. Fin de mes écritures devant la plage jusqu’à ce que le camion soit baigné par la chaleur et la lumière de ses rayons, puis départ vers Aveiro en tentant à nouveau de suivre la route côtière.



En fait je n’irai pas bien loin, car après une dizaine de km longeant le canal, celle-ci se transforme en chemin de terre impraticable, si bien que je rallie bien vite la N109. À travers une suite continue et interminable de villages linéaires entre dunes et marais maintenant asséchés, celle-ci me rapproche d’Aveiro. Bonne occasion d’observer l’habitat standard de bien des Portugais, assez simple et traditionnel dans son plan et sa construction, où l’essentiel de la décoration tient aux façades plaquées de céramiques. Toit de tuiles romaines rouge-orange, volume plutôt cubiques, parfois une galerie sans plus de fantaisie, le design n’est guère recherché, plutôt simple pour ne pas dire simpliste.



Enfin j’entre en ville vers 11:30, me rapproche au maximum de la cathédrale que Michelin propose comme point de départ de son circuit d’exploration de la petite ville.  Difficile de trouver une place de stationnement, d’autant plus que la majorité des voitures ici sont de petite taille - genre sous-compactes, selon les normes américaines - et je dois n’éloigner quelques peu avant de trouver l’espace idoine. Affamé (il est déjà près de 11:45) je préfère me garnir l’estomac avant de me lancer dans les quelques km de marche à pied prévisibles.



Enfin, à 12:30, je laisse l’Exsis bien barré sur la Rua Santa Johana et me dirige vers la cathédrale dont j’aperçois la façade baroque assez simple au bout de la rue. Je longe en passant l’Antigo Covento de Jesus, où se retira Sainte Johana, file d’Afonso V en 1472, qualifié de ** par le G.V., mais comme il abrite essentiellement un  musée d’art sacré, je renonce à sa visite pour me diriger plutôt vers la Se voisine. Architecture extérieure relativement modeste et assez composite, l’intérieur est plus attachant avec sa Mise au tombeau Renaissance, son orgue XVIIe et ses azuléjos XVII et XVIIIe. Je descends ensuite vers la Praça de Marques de Pombal où la fontaine moderne est malheureusement à sec, mais entourée de quelques belles façades dont celle de l’Igreja de la Misericordia. À l’intérieur, haute nef claire et décor d’azuléjos très présent, chaire et statues dorée de belle facture.

Encore quelques mètres et me voilà sur la quai du Canal Central, où tout est fait pour attirer l’oeil du touriste : barques traditionnelles décorées (qui ne servent plus maintenant qu’aux excursions sur la ria), façades très variées alliant azuléjos à profusion et style Art Déco, grand soleil faisant vibrer les couleurs, boutiques, animation…



J’y passe un moment à profiter du spectacle et faire quelques photos, puis m’enfonce dans les ruelles bordées des maisons plus modestes où vivait les acteurs de ce petit port de pêche et aussi de commerce. L’architecture y est nettement moins recherchée, mais toujours l’omniprésence des carreaux de céramique comme décor et protection des façades. J’en photographie toute une série en gros plan, ce qui donne une idée de la variété et de l’évolution dans le temps de l’inspiration des désigner. Retour ensuite au quai central, où je repère d’autres décors de céramique évoquant la vie d’autrefois à Aveiro, au temps ou la ria était territoire de pêche et ressource en varech utilisés comme engrais par les locaux (pêcheurs et paysans). Je mets là fin à ma balade en remontant au camion via quelques autres ruelles, plus «urbaines» mais tout aussi tortueuses.

Ces quelques km de marche au grand air m’ont assoiffé, je me restaure un peu puis examine la carte pour fixer mon prochain objectif. Impossible de rattraper immédiatement la côte puisque j’en suis coupé par la ria, il me faudra donc faire un grand crochet pour en contourner l’extrémité nord et arriver à Furadouro, la plage d’Ovar, à une quarantaine de km. Trajet relativement court sur le papier, mais fort long en temps, puisque toute cette région est très densément peuplée, et on n’y peut circuler qu’en bas de 50 km/h.

Derrière sa maigre forêt d’eucalyptus la station se donne des airs quasi urbains et, trop neuve, manque de caractère. J’y ferais un petit tour sur les dunes qui l’encadrent et que l’on tente de protéger (pas toujours très élégamment) mais trouvant le site un peu trop fréquenté  et trop aménagé, préfère me rapprocher de Porto en gagnant une station plus proche de la ville (22 km), la plage d’Espinho, signalée par le G.V. Autre bout de route très urbanisée, donc lente, j’arrive juste au coucher du soleil au bord de l’eau. Le temps de parcourir le bord de mer tout au long pour trouver un coin sympathique (le plus au nord) et le crépuscule s’est installé. Moins de touristes ici qu’à Furadouro,  probablement davantage de banlieusards qui prennent le train pour aller travailler à Porto, et une ambiance un peu moins apprêtée, me semble-t-il.



À peine stationné devant un petit parc en bord de plage, je suis abordé par un camping-cariste du Gers qui a cru reconnaitre en moi un Toulousain (ma plaque 31 !). Je le détrompe, il me propose de m’installer auprès de lui « pour plus de sécurité», je décline son offre, comme celle de prendre l’apéro, et rentre chez moi avaler la soupe que j’ai préalablement mise à chauffer.  Il est 18:00, la nuit est tombée, la fraîcheur avec. Je me retire dans ma cabane à roulettes, branche le chauffage pour maintenir un confortable 20°C, me mets à table puis au clavier pour rédiger journal et courrier.


16 436    Samedi 12 janvier 2019 : ESPINHO (0 km)



Journée off, passée devant la plage  tout à fait à l’extrémité nord de la station. Il fait certes très beau, mais le petit vent froid me dissuade de passer trop de temps à l’extérieur, et je me sens un peu paresseux après tous ces kilomètres parcourus. Je soigne aussi mes pieds qui commencent à réagir au froid (engelures) et à mes longues marches des derniers jours.

J’écris un peu, lis beaucoup, en particulier le Little Exsis Book dont je traduis beaucoup d’articles pertinents face à l’aménagement ou l’entretien de mon camion. Le ton aussi  est très british, avec un tonalité humoristique et une courtoisie tout à fait typique, ce qui en fait une lecture agréable et reposante. Quel contraste avec nos Gaulois si revendicateurs et un brin agressifs…

Je fais tourner un petit peu le moteur, le temps de recharger l’ordi, mais le soleil suffit à maintenir la batterie suffisamment chargée pour ne pas avoir d’inquiétude.

Coucher tôt en préparant dans le Guide Vert mon excursion à Porto demain.


16 436    Dimanche 13 janvier 2019 : d’ESPINHO à MELRES (Douro) (51 km)



À 9:00 je suis sur la petite route qui me fait rallier le centre de Porto (en passant par un petit bois qui me permet de soulager la cassette un peu trop présente…). J’ai programmé le GPS sur la Praça Gen. H. Delgado, juste en avant de l’Hôtel de Ville où Michelin fait démarrer la première balade.

Trafic des plus légers en ce dimanche matin, je trouve sans difficulté une des rares places autorisées sur la place elle-même, juste au pied de l’énorme monument façon pièce montée, où je laisserai l’Exsis pour la journée, le temps d’enchainer les trois circuits indiqués sur le plan du G.V. Plan tellement sommaire que j’ai bien du mal à trouver son départ sur la Rua Formosa.  Je me rends jusqu’au Mercado do Bolhão, surmonté d’un beau groupe Mercure-Cérès en fronton, mais dont l’accès est malheureusement fermé pour restauration majeure. Je m’aperçois alors que j’ai oublié mon téléphone et reviens le chercher au camion. J’en profite pour me faire un bon expresso bien tassé (et bienvenu, il est déjà 10:30) et rejoins mon circuit là où je l’avais laissé,  pour découvrir la petite église de Santa Caterina  toute couverte d’azuléjos, intérieur comme extérieur. Dans la nef, messe dominicale assez suivie semble-t-il.



Je descends ensuite la rua Caterina, très commerçante, avec quelques façades très marquées par l’Art Nouveau puis Arts Déco, dont le Majestic Café malheureusement fermé pour vacances saisonnières. Je rejoins la Praça de la Libertad flanquée d’autres énormes «pièces montées» de 10 étages aux inspirations stylistiques variées et composites… mais dont la stature impressionne. Petit tour dans l’ex Café Impérial transformé en McDonald, pour admirer le vitrail glorifiant l’Histoire du café, puis dernier tour sur la place en contemplant la perpective très monumentale, avec au premier plan une statue équestre du Roi D. Pedro IV assez réussie. Je me dirige alors vers la gare  de Sao Benito, remarquable par les azuléjos peints en  1929  par Jorge Colaço illustrant l’histoire des transports (frise haute polychrome) et quelques grands tableaux historiques ou scènes traditionnelles (bleu sur fond blanc).



Je suis fourbu et le soir descend, avec la fraîcheur. Regagnant l’Exsis en haut de la Praça Gen. H. Delgado, je décide rapidement d’arrêter mon exploration des rues de Porto et d’aller dormir au vert, en route pour la grande excursion proposée par le G.V. le long du Douro. Je quitte donc la ville au plus court, rattrape l’autoroute urbaine qui m’entraîne au sud-est, traverse la Serra do Porto dans la nuit et sur une toute petite route à travers des forêts d’eucalyptus pour finalement débouler par une pente accentuée sur la rive droite du fleuve à Melres.



Un bel espace dégagé à l’écart de la route et sur le quai d’une petite marinha rustique m’offrira un excellent bivouac pour la nuit.  Long Facetime avec Monique qui me met au courant de son «atterrissage» à la maison où elle a rapidement retrouvé ses routines et réglé les pb courants, petit clin d’oeil à Juliette (enrhumée) qui me consulte sur les couleurs et la coupe de la tuque en laine qu’elle veut me tricoter au crochet… Je me couche peu après un solide repas bien arrosé, n’ayant rien bu ni mangé de la journée, remettant à demain la rédaction du journal


16 487    Lundi 14 janvier 2019 : de MELRES à LAMEGO (117 km)



Légère brume matinale sur le quai devant les petits bateaux… qui ne tarde guère à disparaître. J’entreprends un début d’écriture du journal d’hier, laissé de côté au profit des nombreuses photos (plus de 250 !). Je soigne aussi mes pieds endoloris par ma longue marche et surtout le port continu de chaussures fermées, puis vers 10:30, maintenant que le soleil bien présent a dissipé l’humidité, me mets en route.



Globalement l’état de la chaussée est assez bon, et son tracé acceptable, compte tenu  du relief très accusé et des circonvolutions adoptées par le Douro dans sa course au milieu des collines. Cela ne veut pas dire que c’est une route facile, et encore moins reposante, vu le trafic relativement important (nombreux gros camions) et les virages plutôt serrés qui se succèdent presque sans interruption. En revanche elle offre de superbes points de vue sur le ruban sombre de l’eau, les maison éparpillées sur les pentes, les boisés (beaucoup d’eucalyptus) encore assez fréquent, dont l’ensemble forme un spectacle quasi permanent à grandeur de pare-brise. Toujours est-il que j’avance très lentement, puisque je parcourrai un peu plus d’une centaine de kilomètres en presque 6 heures de déplacement.



Il faut dire que là-dessus je me suis quand même arrêté pour manger, pour faire une trentaine de photos (ce qui prend du temps, celui de trouver un endroit pour stationner sécuritairement, chercher et  trouver le meilleur point de vue,  repartir sans risque dans la circulation…). J’ai aussi tenté quelques visites au cours du très long détour suggéré par le G.V., finalement peu emballantes : d’abord le Penedo Sao Joao, un amoncellement de gros blocs rocheux arrondis sur un promontoire donnant sur la vallée. Le site dominant assez nettement la vallée offre une belle vue, mais… vaut-il la peine de faire tout ce chemin difficile ? Quant au mosteiro de Santa Maria de Carquere, il ne reste pas grand chose : une grosse tour carrée couronnée de créneaux, la petite église et la chapelle  funéraire des seigneurs de Resende, fondateurs… Or ni l’église ni la chapelle ne sont ouvertes, et il n’y a pas une âme sur le site, seuls quelques chiens jappeurs ! Reste quelques décors - fort simples - sculptés dans la pierre autour des fenêtres et portes, mais cela valait-il ce long détour ?

Mais il reste que le «clou» de cette journée restera l’aventure dans laquelle m’a entraîné le GPS en me faisant emprunter la petite M1014 pour rattraper la route principale en redescendant du mosteiro. D’abord raisonnablement étroite,  mais très fonctionnelle, j’y trouve un beau point de vue sur le barrage de Carrapatelo devant lequel je déjeune. Puis, en continuant ma descente vers le fleuve elle se rétrécit, et finalement son asphalte se mue en petits pavés assez mauvais et surtout sa pente augmente de façon tout à fait stupéfiante… Pensant à un raccourci de quelques centaines de mètre, et vu la pente importante rendant une marche arrière difficile et interminable, je  décide d’aller jusqu’au bout. Mal m’en prend, car plusieurs virages très serrés finissent par me faire accrocher dans un muret - une autre fois - la grille du chauffe-eau qu’il faudra remplacer. Mais surtout, uniquement préoccupé de contrôler au frein les trois tonnes et demi du camion, je rate la dernière bifurcation de la route pavée pour me retrouver sur une descente encore plus accusée menant à une plate-forme sans débouché au bord du fleuve… Heureusement je ne m’engagerai pas trop loin sur cet chemin muletier, recouvert de grosses pierres inégales, mais il me faudra une bonne demi-heures et des manoeuvres hasardeuses, en tout cas émotionnante pour le chauffeur et fort douloureuses pour l’embrayage qui fumera abondamment et m’empestera pour le reste de la journée, pour me tirer d’affaire et retrouver une chaussée convenant à mon véhicule. Autre longue pause ensuite pour dissiper fumée et odeur, l’embrayage tiendra-t-il le coup après ce gros stress ?  Un bon point pour Fiat et son Ducato, tout a l’air correct, il poursuivra son chemin sans broncher…



Le soir descendant, je décide de me rendre jusqu’à la petite ville de Lamego où je bivouaquerai sur les stationnement probablement déserts du fameux sanctuaire  de Nossa Senhora dos Remedios. Un court arrêt en passant au miradouro de Boa Vista, en fait à l’entrée de la commune de Pousada, où nous avions passé une  nuit mémorable lors de notre sabbatique en 1989 (réveillés par des tirs de fusil : c’était l’ouverture de la chasse !). Le site est toujours superlatif, avec au premier plan les vignobles, au deuxième les maisons blanches de Peso de Régua et au fond les pentes grisâtre voire violacées à cette heure de la Serra de Marão. La lumière s’estompe, le soleil se couche tandis que je traverse la ville pour y découvrir le Lidl où je vais  chercher son pain préféré et me ré-approvisionner en produits frais.



En sortant dans la nuit, nouvelle fantaisie du GPS qui m’entraine dans ce qui m’apparait vite comme une impasse. Mais cette fois-ci, échaudé, je fais demi-tour et finis par grimper jusqu’aux vastes stationnements désert de Nossa Senhora dos Remedios, dont les décors baroques et illuminés dominent la ville à ses pieds. J’y trouve un espace parfaitement plat et y installe mon bivouac  dans un silence complet (les cloches cessant leurs tintements au quart d’heure à 21:00). Le chauffage fonctionnera toute la nuit, ici nettement plus froide, j’ai d’ailleurs vu pas mal de trace de neige le long de la route…


16 604    Mardi 15 janvier 2019 : de LAMEGO à AMARANTE (115 km)



Réveillé dès 7:30 au premières lueurs de l’aube et au premier coup de l’angelus, après une nuit sans aucun passage, je suis prêt au départ passé 9:30, une fois terminé ma visite du sanctuaire et de la partie haute de l’escalier monumental le reliant à la ville, quelques 617 marches plus bas (dixit le G.V., je ne les ai certes pas comptées. Architecture baroque très ornementée, mais claire et élégante, sans grandiloquence, qui me sourit assez. Je quitte alors le haut de la montagne tout boisé pour retourner au E.Leclerc aperçu hier soir, pensant y trouver plusieurs produits alimentaires absents du Lidl et y faire le plein de carburant à bon prix. J’y ferai effectivement l’emplette de plusieurs conserves introuvables ailleurs (pâtés, haricots verts, poisson congelé en sauce, etc.) mais le gasoil me parait vraiment trop cher (1,33 €/l) contrairement au GPL dont je remplis ma bonbonne (15 l en 5 jours, la rançon du froid et de mon chauffage plus important). Je profite aussi de la borne de service pour libérer la cassette et compléter ma citerne d’eau propre. Je trouve aussi au Brico Leclerc voisin du câble à 5 conducteurs qui me permettra de brancher mon compteur de Coulomb toujours inopérant faute de…



Fin paré à poursuivre mon périple, je renonce à passer par Peso de Regua, quelconque selon le G.V., et préfère poursuivre ma remontée du Douro sur sa rive gauche en attaquant la région DOC dénomination d’origine contrôlée du fameux vin de Porto. La route longe le fleuve, tantôt très bas et encombré d’herbes en aval du barrage de Regua, puis très large et imposant en amont de celui-ci. Des deux côtés les pentes accusées et relativement proches sont entièrement couvertes de gradins de pierres sèches sur lesquels poussent les ceps accrochés à des câbles de fer tendus.  Quel travail titanesque a-t-il fallu déployer au fils des siècles pour en arriver à un tel paysage ! Grande lumière aujourd’hui encore pour illuminer mon cheminement. Je piquenique au bord du Douro à Folgosa, en face de Covelinhas, là où commencent à s’afficher les plus fameuses quintas (domaines viticoles) qui ont fait la richesse et la notoriété du pays (Sandeman, Ferrero, etc.). La route, excellente, continue ensuite de serpenter sur la rive gauche du grand fleuve tandis que l’on aperçoit au même niveau sur la rive droite le tracé du chemin de fer qui transporte maintenant la précieuse récolte jusqu’à Porto.

Je finis par atteindre le gros village de Pinhão à la rencontre de la rivière du même nom et du Douro, qui constitue le coeur de cette extraordinaire régions viticole. Quelques chais eau bord de l’eau, de la pub pour les visiter et déguster (et je suppose acheter !), pour le reste une architecture des plus modeste, à mentionner seulement la petite gare toute plaquée de panneau d’azuléjos assez bien venus à la gloire du village et de sa vocation (une vingtaine de tableaux intégralement photographiés).



La route vers Sabrosa puis Vila Real commence alors à s’élever sur les pentes plus larges, elles aussi entièrement couvertes de terrasses. Fabuleux ! En passant Sabrosa (village natal de Magellan, autour de la première circumnavigation en 1522) la statue du grand homme mérite une photo, puis la nature des cultures change, les ceps disparaissent ou presque (adieu le Porto, bonjour le Vinho Verde) et la culture d’arbres fruitiers devient prévalente. Route rapide ensuite jusqu’à Vila Real, une grosse ville  dont le site très accidenté amène une circulation incompréhensible et un guidage bizarre du GPS. Apercevant une enseigne Jumbo je gagne station de carburant et y fais le plein à bien meilleur prix (1,26 €/l). La circulation me paraissant très difficile dans le centre historique et le soleil descendant déjà, je préfère gagner Amarante, plus petit et dont je garde un beau souvenir du pont et du couvent adjacent que je visiterai demain.

La grande IP4 a été entièrement  refaite en route expresse  qui monte à l’assaut de la Serra de Marão, grimpant par de larges courbes en 3 voies jusqu’aux 895 m du col Alto do Espinho. Vue l’heure tardive et le froid probable (traces de neiges en bord de route…) je renonce à me rendre jusqu’au Pico de Marao à 1414m et gagne directement Amarante par une très longue descente facile et rapide sur la grande route peu fréquentée (doublée par l’autoroute A4 ?).



Il commence à faire sombre lorsque je me dirige vers le centre de Amarante, pointant le GPS directement sur le Ponte São Gonçalo. Circulation assez dense, site resserré dan la vallée étroite, j’ai un peu de difficulté à me stationner à proximité et ne pourrais y passer confortablement la nuit. Je pêche une carte du centre - et pique une jasette avec la préposée de l’Info touristique très avenante - puis me dirige immédiatement jusqu’au pont attenant au couvent São Gonçalo, fort pittoresque. Photos,  petite marche aux alentours, je repère un beau parking devant le musée situé juste derrière. La nuit est tombée lorsque je récupère l’Exsis pour transférer mes pénates à l’emplacement découvert, à deux pas de mes visites de demain matin. Le bruit de la circulation diminue tandis que je prépare mon souper, je lis longuement l’intro du guide Michelin Portugal, parle un moment avec Monique sur FaceTime, écris le journal et me couche passé 23:00, alors que le bruit alentour a quasiment cessé.


16 719    Mercredi 16 janvier 2019 : d’AMARANTE à CALDAS DE TAIPAS (52 km)



Je dors bien jusqu’à mon réveil un peu après 7:00, lorsque le bruit commence autour de moi. Et pour cause, le marché s’est installé sur le quai juste en dessous de la place où je suis stationné, j’ai bien fait de renoncer à m’y poser pour la nuit !En revanche il fit un ciel gris plombé, et une légère brume a envahi le paysage. Pas de soleil, pas de sensation de chaleur, et l’humidité, qui se traduit par une légère bruine, est pénétrante. Étonnant de voir tant de gens porter un parapluie pour si peu d’eau ! J’enfile donc mes deux polaires et coiffe ma chapka pour le petit tour du quartier ancien prévu hier soir. Je commence par l’igleja de São Gonçalo : façade baroque relativement simple, portail latéral délicatement décoré et curieusement, une galerie haute à colonnes où sont placé les statues des quatre rois sous lesquels se déroula la construction. L’intérieur est un peu plus lourd, surtout du côté autel qui a été largement surélevé sur une estrade avec large escalier central (évidement toute en dourada) abritant 2 chambres latérales qui contiennent l’une statue et ex-voto. l’autre le gisant du saint dont la spécialité était le mariage et la fécondité… Très bel orgue, début XVIIe, que je n’aurai pas la chance d’entendre, hélas.



Je traverse ensuite la belle place triangulaire, donnant d’un côté sur la rivière et le pont et limité par les constructions déboulant de la colline de l’autre, pour remonter la rue principale un peu courbe et bordée de maisons typiques bien restaurées. Pas grand monde autour de moi, circulation quasi nulle, le «mauvais temps a fait son oeuvre… Je reviens vers mon point de départ après quelques centaines de mètres, juste après avoir observé une autre église XVIIIe (Sao Pedro et Sao Paulo) curieusement coiffée d’une tiare papale. Autre ruelle et vielles maison à flanc de colline qui finit par dévaler et déboucher sur un escalier assez raide, et passe devant la chapelle d’une confrérie dominicaine où un groupe de vielle femmes récite les litanies puis entonne un cantique, avec une unité qui témoigne de la fréquence de leurs rencontres pieuses…

Je contourne alors l’église, fais encore quelques photos du pont puis pousse la port du Musée logé dans les anciens bâtiments conventuels. L’ancien cloître, bien que très remanié, a gardé un certain cachet, tandis que les vastes plancher d’exposition ont perdu tout caractère ancien. Cela convient bien à la collection de peinture - et quelques rares « sculptures » - modernes et surtout contemporaines qu’on y présente. Bien peu retiennent mon attention, et lorsque je veux garder le souvenir des rares oeuvres qui me sourient, on m’avertit gentiment que la photographie est  interdite dans le musée… Visite finalement un peu décevante.



Il est maintenant près de 11:00, le ciel est toujours aussi gris et la pluie s’intensifie, Je prends donc la route sans regret en direction de Guimarães distingué de 2 étoiles par le G.V. et classé au Patrimoine mondial par l’Unesco. La route pittoresque ne laisse rien voir de son environnement, puisque presque tout au long envahie par le brouillard…   Déjeuner sur une rare place à peu près plane et à l’écart de la route devant que petite église de campagne.  Je prends le temps de préparer du riz puis de réchauffer le reste de moules et épinards préparés avant hier, un mariage en fin de compte agréable. Je prends ensuite le temps de répondre longuement aux voeux de Sophie en lui résumant notre fin de séjour avec Hermione, puis parcours les quelques kilomètres rapides quoiqu’assez vallonnés jusqu’à Guimarães que je ne connais pas du tout.



Je commence par pointer le vaste stationnement indiqué par le G.V. juste au nord du château, mais le trouvant trop éloigné du départ de la visite du vieux quartier - quoique peut-être acceptable comme bivouac - je me lance dans l’exploration du centre ville et dégote une place à 100 m du Largo Valentin Moreira de Sà. À  partir de là  je rattrape le Largo de Oliveira par un lacis de petites rues et ruelles sinueuses qui font tout le charme de la vieille ville. L’église N.S. de Oliveira ne me parait pas présenter un intérêt considérable, peut-être commence-je à être un peu saturé des décors baroques à la portugaise… ? En revanche le Largo de Oliveira sur laquelle elle donne est des plus pittoresques, avec son gros olivier, son padrao - croix de pierre -sous édicule gothique (célébrant la victoire de Salado sur les Maures en 1340), et, au-dessus d’une série d’arcades gothiques, l’Antigos Paços de Concelho, ancien hôtel de ville manuélin du XVIe. Place du même genre en contigu, laPraça de São Tiago Le tout entouré par ses maisons à encorbellements et largement fenestrés qui achèvent de lui donner son caractère médiéval. Je renoncerai aussi à la visite des musées (dont le vanté Museu Alberto Sampaio) essentiellement consacrés à des pièces d’art religieux, là aussi une certaine lassitude ? En revanche je reste sensible au charme des façades, aux éléments du décor avec ses innombrables variantes, d’autant plus qu’ils me semblent correspondre à un art de vivre où le stress était différent et la sociabilité plus valorisée.



En suivant la rue Santa Maria je rencontre aussi le covento de Santa Clara, où l’on a maintenant installé l’Hôtel de ville contemporain. Façade noble, on n’accède qu’au cloître de belles proportions autour d’un jardin de buis décoré de sculptures contemporaines.  Continuant à remonter la rue étroite et sinueuse bordées de maisons du XIVe et XVe à  grilles de fer forgé et corniches de granit, je me rends jusqu’au château ducal du XVème, très massif avec ses 4 grosses tour d’angle carrée et ses austères hautes façades. Il fut construit par Alphonse Henriques,  le premier duc de Bragance qui se fit nommer roi par ses troupes et reconnaitre par la noblesse à la convention de Lamego, donc le fondateur du royaume du Portugal. Sa statue par Soares dos Reis (fin XIXe), belle évocation du vaillant guerrier, se trouve sur le terre-plein en avant. Je renonce à le visiter, vue l’heure tardive et le contenu décrit par le G.V. Retour à l’Exsis en empruntant l’autre longue ruelle pittoresque (Gravador Molarinho) qui parcourt la vieille du nord au sud et me permet d’admirer une grande toile aux couleurs vives ornant l’entrée du grand hôtel noble devenue Archives publiques : elle reproduit, agrandie, la Batalha de Sao Mamede, par Antonio Lino (1989), un peintre originaire de Guimaraes qui fit carrière dans le monde entier.

Cette autre rue ancienne et tournicotante aboutit, après diverses mutations et rencontres, en bordure sud du noyau original, sur le Largo de Toural, pareillement entourée de maisons anciennes et dominée par la haute façade sévère (granit sombre) et inachevée de Sao Francisco. Le soir tombe lorsque je retrouve enfin chaleur et tranquillité de mon home à roulettes.

Pour mon bivouac nocturne je choisis d’abord de remonter sur la vaste esplanade presque vide au pied du castelo initial du XIème, mais on n’y entend beaucoup trop la circulation sur les 2 avenues qui l’encadrent, aussi je cherche sur le GPS une zone verte dans l’une des petites agglomérations sur la route de Braga, au nord-ouest. Je tombe sur Caldas de Taipas, à 8 km de Guimaraes, y repère une longue avenue double à l’écart de la grande route qui se révélera, rendu sur place, un parc près d’un complexe sportif où les gens vienne s’aérer et faire leur footing… Installé sur un espace parfaitement plat et en impasse, je m’apprête à y passer la nuit. La météo annonce du soleil pour demain !


16  771    Jeudi 17 janvier 2019 : de CALDAS DE TAIPAS à VIANA DO CASTELO (75 km)


Lever à 9:00 après une nuit réparatrice, les longues marches des derniers jours m’ont apparemment un peu fatigué. De plus le port de chaussures fermées me causent des élancement au pied droit qui ne laissent pas de me déranger (genre goutte). La tranquillité a bien été au rendez-vous au bout de mon parc, mais pas le soleil au matin ! Même si la météo persiste à le prédire pource jeudi, la matinée restera noyée dans le brouillard… jusqu’à mon départ à 11:00. Et ce sera pour une autre journée pleine de lumière, sinon de chaleur (maximum 14°C aujourd’hui, ça descend légèrement…).

La route sera facile et courte en direction de Braga, même s’il suffit qu’un seule camion traine un peu pour ralentir des kyrielles de voiture, puisque les virages incessant sur cette route montueuse rendent le doublage quasi impossible.  Je la contourne, ayant déjà visité la ville qui ne me semble guère passionnante, et dont la principale curiosité reste le sanctuaire de Bom Jesus et son escalier baroque extravagant.

Première étape donc, Barcelos. Ville du célèbre coq légendaire - devenu l’emblème folklorique du Portugal - Barcelos est une petite cité qui a conservé un coeur ancien très bien conservé et continue assidument de le restaurer, si bien de ma balade au fil de ses rues traditionnelles (au demeurant limitées en nombre et en longueur) ne sera pas trop fatigante, particulièrement pour mes pieds que j’ai entrepris de soigner : que serait un fantassin de la balade comme moi sans ses pieds ? Après une longue recherche d’une place qui me mènera finalement à l’opposé de la Place du Marché, je mange copieusement et note soigneusement ma localisation indiquée par le GPS  avant de me lancer dans la balade.

En fait la principale attraction est temporaire, au sens où c’est le marché du jeudi, qui envahit une très grande place quasi centrale, genre champ de foire, le plus grand marché du Portugal et peut-être d’Europe, puisqu’il rassemble à la fois les producteurs/distributeurs locaux de fruits, légumes et autres produits agricoles, (poules, fromages, charcuterie, etc.), pâtisseries typiques, mais aussi la panoplie habituelle de marchands de nappes et draps, linges, chaussures, casseroles, gadgets de cuisine, outils, bibelots «décoratifs» ou religieux, et que sais-je encore, tous objets susceptibles d’être utiles (ou inutiles ?) à un ménage. À cela s’ajoute dans une autre section de la place toute une variété de produits locaux et traditionnels, que ce soit poteries et céramiques décorées, broderies, souvenirs plus ou moins sophistiqués et d’un goût pour le moins discutable, dont bien sûr ke fameux coq légendaire de Barcelos, décliné en bois sculpté et peint, en poterie, en céramique décorée, etc.

Bref un beau capharnaüm, coloré et pittoresque à souhait, d’autant qu’à la variété des objets s’ajoute les mines souvent accentuées des partenaires, vendeurs ou clients, et les actes par lesquels se succèdent les étapes de chaque transaction. Je passe donc un bon moment sur le Praça de Republica à découvrir l’étendue du marché, étonnamment vaste, la diversité des produits et des scènes, et tente d’en saisir au vol quelques images.

Ensuite, un peu de culture. La préposée au tourisme (dans la lourde tour médiévale carrée à l’entrée de la place) m’a aimablement pourvu d’un petit plan de ville qui me permet de m’y retrouver (en commençant par l’endroit assez éloigné où j’ai dû laisser l’Exsis, faute d’espace au centre ville envahi par le marché). Je me dirige donc vers les 2 plus belles églises situées sur le côté sud-ouest et nord du Champ de Foire ou Campo da Republica : le Templo del Bom Jesus da Cruz et l’iglesia de Na Sra do Terço. La première (1720) en forme de croix grecque, est d’une baroque léger et élégant à l’extérieur.  En revanche l’intérieur est particulièrement riche tant en talhas douradas, sur le maitre autel que sur les 2 autels latéraux consacrés l’un au Christ de la Passion  et l’autre à la Vierge des Douleurs. Les azuléjos très décoratifs sont mois visbles et couvrent les couloirs d’accès circulaires. Beaucoup de pathos, mais aussi une grande qualité d’exécution : sculptures très fouillées et raffinées, expression des personnages, qualité des couleurs et des dorures bien mises en valeur par l’éclairage…). J’y passe un bon moment, photographiant depuis les divers bancs où je m’assois, pour n’apercevoir qu’en sortant le petit papillon «Photographie interdite».

Je traine un peu sur la place longiligne et arborée où règne un grand coq très coloré tout recouvert de céramiques, puis gagne l’autre église nettement plus simple extérieurement. Construite en 1707 elle faisait partie d’un couvent des Bénédictines, et ses murs  est entièrement recouvert  d’azuléjos bleus sur fond blanc racontant la vie de São Bento, complété par un plafond peint en caissons isolant d’autres scènes de la vie du saint. Très bel ensemble, mais là aussi interdiction de photographier (pourquoi ?)  inscrite à de multiples endroits, et un gardien veille ! Je dois donc me contenter de quelques vues prises discrètement à la volée, d’une qualité aléatoire…

Avec tout cela le temps a passé. Je reprends la rue commerçante Rua D. Antonio Barrosa qui me ramène dans le coin de l’ensemble monumental derrière lequel j’ai laissé l’Exsis : le pont médiéval du XIVe, le pilori fin XVe, les ruines du palais des Comtes de Barcelos XVe et l’iglesia Matrix de la ville. Intérêt très variable : l’église mère, gothique et en granit très sombre est sinistre et ses lignes à peine apparentes. Le palais des comtes ne ressemble plus à grand chose avec ses quelques pans de murs à peine évocateurs, le pont médiéval est entier, mais a manifestement été outrageusement restauré (il supporte maintenant le trafic routier…). Reste le pilori au centre d’un joli jardin de buis qui présente en haut de sa colonne assez simple la petite cage de pierre typique. (et Michelin qui dit « une lanterne» !). J’en ai assez vu, repasse au pied du massif Manoir des Pinheiros et retrouve enfin mon véhicule sans problème.

Il n’est que 15:15, j’ai donc encore le temps de m’avancer un peu jusqu’à Viana de Castelo dont je veux faire mon étape ce soir. Plein d’eau en passant devant un Intermarché, puis route un peu longue car très urbanisée, mais dans un décor rural plutôt agréable. Après avoir franchi le Rio Lima sur le long pont Eiffel (routier et ferroviaire) bizarrement un peu décalé à chacune de ses extrémité, je gagne le grand parking disposé sur le quai, à deux pas du port et du noyau ancien, près de la Praça da Liberdade. Il est un peu plus de 16:00, j’ai donc largement le temps de faire un petit tour du centre ville ici aussi peu étendu. Je longe un peu le quai jusqu’à l’office du tourisme où l’on me remet une carte de la ville, puis monte la rue Gago Coutinho qui encercle le quartier à l’est. En haut de la rue pavée qui se courbe entre les maisons traditionnelles, apparait la capela dos Malheiras  d’un baroque très élégant, voisinant avec un bel hôtel particulier de la même période, la Casa de Praça, qui appartenait à la même famille. On débouche sur la Praça da Republica, entourée de belles façades anciennes, mais surtout de 2 bâtiments en granit massifs qui ferment la place :  l’Antigos Paços do Concelho qui fit fonction d’ancien hôtel de ville, et la façade de l’hôpital de Misericordia, très lourde mais très travaillée; son entrée latérale encadrée par cariatide et atlante est plus légère et élégante. Petit tour sur la place décorée d’une jolie fontaine entourée de ses maisons urbaines traditionnelles (façade de 3 ou 4 étages entièrement garnies de hautes fenêtres très lumineuses) dans le crépuscule qui tranquillement annonce la nuit. Je reviens vers le port par la Rua de Picata en passant devant le Musée des Costumes régionaux (relief 1920) et quelques autre beaux immeubles, puis descends l’Avenida dos Combatentes da Granda Guerra. Une petite place en bas laisse voir l’élégante façade manueline d’une école de musique et, en son centre, une fontaine décorée d’un Mercure appuyé sur une ancre  évoquant le commerce maritime qui fit la  fortune de Viana (avec le Brésil entre autres).

En passant devant le bassin,  quelques autres photos du Gil Earnnes sur fond de ciel rougeoyant. Un panneau explique son histoire depuis sa construction ici même en 1955 jusqu’à son sauvetage de la casse et sa conversion en musée,  car il joua un rôle significatif en tant que navire hôpital et ravitailleur auprès de la flotte de pêche morutière portugaise dans les Grands Bancs, alors très importante.  Je regagne enfin mon quai et déplace légèrement le camion pour l’orienter face au soleil matinal espéré demain matin. Souper, écriture et traitement des nombreuses photos des deux derniers jours occuperons ma soirée jusque passé minuit, après cette autre belle journée assez dense.


16 846    Vendredi 18 janvier 2019 : VIANA DO CASTELO (0 km)


Ciel couvert à mon réveil vers 7:30, et petite pluie fine qui perle sur mes fenêtres… Je décide donc de rester sur place en attendant un mieux éventuel, et passerai la journée en pyjama sans mettre le nez dehors. Quelques averses, mais surtout une bruine quasi continue (la bruine bretonne…) qui, sans trop refroidir, qui pénètre partout et vous trempe comme une soupe en quelques minutes.

 Comme je suis abondamment pourvu et vivres et carburant (je pourrais tenir un siège d’une dizaine de jours…) je me consacre plutôt à des tâches cléricales, lisant un peu le guide et la documentation remise par les différents offices de tourisme, , classant, éliminant et traitant les centaines de photos prises depuis Porto dont je crains de ne plus retrouver les noms des lieux et monuments. De temps à autres je fais tourner le moteur, le temps de recharger à fond la batterie du McBook (et par le fait même la batterie habitacle et celle du téléphone. Je passe un bon moment aux «fourneaux», préparant une poêlée d’endives braisées au fromage et jambon, et suis en train de m’en régaler  lorsque Monique m’appelle sur FaceTime pour me demander anxieusement si j’ai retrouvé ses boucles d’oreilles et son collier d’argent, que je finis par dégoter coincés tout au fond de son sac de voyage… Autres nouvelles des petits et des démêlés de Gabriel avec ses parents à propos des repas ! et d’une visite prochaine à Querbes et Jonathan… Nous passons ainsi une heure et demie à bavarder.

En fin d’après-midi je poursuis mon travail sur les photos et consulte les forums camping-car auxquels je suis inscrit, répondant longuement à une rubrique sur le gaz et surtout une autre sur l’utilisation des batteries LiFePo4, sur lesquelles circulent encore bien des rumeurs. Coucher tard après une soupe et quelques bouchées de fromage. Il pleut toujours… et la météo n’annonce rien de mieux pour demain !


16 846    Samedi 19 janvier 2019 : de VIANA DO CASTELO à PRAIA DE CABEDELO (8 km)


Autre journée de pluie presque continuelle. Je renonce à rouler et décide de m’attaquer au branchement du Coulombmètre, remis depuis mon départ de Caen.  Cela nécessite de démonter par mal de chose pour passer le câble depuis la batterie jusqu’à l’espace entre les pare-soleils  où je l’ai placé.

Lever tard - décidément ce temps gris ne me vaut rien côté énergie ! Puis je gagne l’aire de service de l’autre côté du Rio où je vide encore une fois la cassette qui commence déjà à sentir, et complète le plein d’eau. Je décide de rester alors sur le site, sur un quai juste au-dessus de l’eau où la vue, même grise, est dégagée et le trafic nul.

Retardant le bricolage, je poursuis un peu mon travail sur les photos, interminable, scan de plans de villes remis par les office de tourisme dont je veux me débarrasser tout en en conservant les traces et informations précieuses… J’arrive au déjeuner, puis me mets au boulot. Sans entrer dans les détails, le plus gros consistera dans la soudure des 5 brins du câble pour  les raccorder aux mini-prises du Colombmètre. Puis, dans un autre genre, le décapage/nettoyage de l’espace du conduit de chauffage sous la table dont l’acide a bouffé, brûlé, noirci à peu tous les composants, à commencer par les pièces de plastique tenant les vis diagonalement qui ont fondu ! Il faudra remplacer le conduit annelé de 70 mm dont une section de 80 cm est morte. Cela ne sera pas non plus une sinécure, cet espace sous la banquette étant à eu près plein de tout le fatras des câbles se raccordant à la batterie…

Bref un travail qui me tiendra en haleine jusque passé 17:30, dans le fouillis causé par le déplacement des cousins et et de la table, et les outils étalés un peu partout. La nuit est tombée lorsque j’achève la connexion de l’appareil : ça marche ! L’écran s’allume et les différentes informations y apparaissent. Restera à le configurer pour obtenir une lecture précise de la charge de la batterie, et encore faut-il l’avoir préalablement remplie, ce qui ne pourra se faire qu’une fois connecté au secteur.

Il est temps de tout ranger puis de préparer mon souper. En soirée lecture du courrier suite du travail sur l’étiquetage des photos (ce qui me permet de revoir toutes les informations recueillies parfois à la va-vite) et coucher tard, en pensant à la suite de on itinéraire si le ciel se dégage.


16 854    Dimanche 20 janvier 2019 : de PRAIA DE CABEDELO à PONTECESURES (154 km)


Ciel dégagé au réveil à 8:20 ! Le soleil ne tarde pas à monter derrière la rangée d’immeubles devant lesquels j’ai passé la nuit, le séjour des camping-car étant interdit sur l’aire. Les quelques uns qui, comme moi, y ont passé la journée se sont repliés en arrière  sur la grand parking où je les rejoins. Lever tranquille, puis écriture du journal d’hier et départ.

Je quitte donc Viana de Castelo en montant admirer le panorama sur la ville et l’estuaire depuis la basilique Santa Luzia qui la domine de près de 400 m. Route en lacets sur pavé tressautant… Je finis par arriver en haut monte jusqu’à la pousada presque au sommet de la colline au milieu des eucalyptus, fait quelques photo, puis redescend jusqu’à la basilique, genre pièce montée multistyle qui serait une réplique de Montmartre et également consacrée au Sacré-Coeur… Je n’en garderai pas un souvenir inoubliable, quoique les deux grandes rosaces donne un bel effets sous le soleil, à côté de la haute coupole garnie de fresques. Pour le reste, du romano-néo-byzantin plutôt disgracieux (dixit Michelin !). Repu jusqu’à satiété de monuments religieux portugais, j’achève rapidement mon incursion dans la bâtisse  pour  prendre la direction du Nord et de l’Espagne, avec une dernière étape dans la petite ville de Valença do Minho.

Le G.V. souligne sa personnalité militaire, puisqu’elle avait essentiellement un rôle de chien de garde face à l’ennemi espagnol (qui fortifia identiquement Tui, la ville homologue de l’autre côté du Minho !). D’où, du côté portugais, une citadelle double du XVIIe, dont les 2 forts communiquent entre uns tout en étant indépendants, avec tous les attributs des forteresse polygonales à la Vauban, avec leurs douves, leurs bastions à double redans et échauguettes, et leurs ouvrages avancés. On y pénètre par des portes monumentales donnant accès à un tunnel passant sous la muraille pour se retrouver dans deux petites viles avec églises, fontaines, maisons le long des étroites rues pavées et boutiques. Beaucoup de pacotilles destinées aux touristes, mais dès qu’on monte sur les talus des remparts, on retrouve la vocation militaire du lieu, une conservation remarquable, mais sans excès, de toute cette architecture particulière (accentuées par la présence de quelques canons de bronze dont la gueule est engagée dans les meurtrières) et surtout un beau panorama sur le Minho coulant au fond de la vallée au pied de la ville, la ville de Tui en face et les monts bleutés de la Galice en arrière. Après avoir fait le tour des 2 remparts en près d’une heure et demie, je reprends l’Exsis laissé à deux pas de la première porte, descend jusqu’au grand pont tout neuf  et passe aussitôt en Espagne.  

J’y retrouve bien sûr une autovia rapide et bien dessinée qui file à travers les collines. La régions continue d’être très densément peuplée comme au sud, mais suis frappé par le nombre de PME d’importance moyenne qui bordent les zones urbaines en zones industrielles relativement récentes et bien aménagés. Je ne me rendrai pas compte de mon erreur de programmation qui me fait passer l’embranchement vers Vigo où je comptais faire étape, et n’aperçois derrière moi le grand pont suspendu menant à la ville que 50 km plus loins à Redondela, sur la N550, l’autovia s’étant muée en autopista à péage. Je poursuis donc en apercevant que le fond de la Ria de Vigo, fort belle dans la chaude lumière de fin d’après-midi,  passe Pontevedra. Je prends aussi conscience alors du changement de fuseau horaire et avance montre et cadrans d’une heure. Il est près de 18 heures et il fait encore bien jour ! Le coucher du soleil ne tardera pas cependant sous un ciel très mêlé ou des coins de ciel bleu alternent avec de gris nuages noirs se muant en averses.

Je ne rendrai jusqu’à Santiago ce soir, préférant poser mon bivouac sur une rue tranquille d’une village, à l’écart de la grande route, juste avant Padrón. Il n’y passera presque personne dans la soirée, j’ai donc le temps de repérer sur le site de Michelin les curiosités proposées par le Guide vert de Galice, en espérant que le beau temps sera au rendez-vous pour parcourir la route côtière des Rias Baias qui me ramènera à Santiago.

Je me couche à 23:30, après avoir corrigé les  connexion des câbles sur la batterie (j’avais omis d’en placer 2 dans le capteur de Hall), ce qui est sans doute à l’origine des données bizarres apparaissant sur mon Coulombmètre. On verra demain !


17 008     Lundi 21 janvier 2019 : de  PONTECESURES à GUITIANDE (139 km)


Ciel bouché et brouillard qui se lève petit à petit dans ce qui est la Bretagne de l’Espagne, lorsque je lève les store passé 8:30 (il fait encore nuit, vu le décalage horaire, une heure plus tard qu’au Portugal). Je vais prendre la petite route à Padron qui me fera suivre la côte au plus près, le long de cette Ria de Arousa jusqu’à l’extrémité au Cabo de Corrubedo, puis revenir vers Noia en longeant la Ria de Muros y Noia. À Padron découverte d’un Lidl au bord de la route ; j’y passe presque une heure à me réapprovisionner. Bizarrement plusieurs produits sont différents de ceux distribués au Portugal, ou carrément absents…

Au début, le temps que le ciel se dégage, les quelques paysages maritimes entrevus sont assez beaux, mais trop souvent cachés par un développement anarchique des constructions qui se suivent sans interruption le long de la route AC 305, là où elle est en vue de la mer. Après une trentaine de kilomètres et quelques incursions à l’intérieur dans des zones plus forestières, on retrouve la côte cette fois plus dégagée, où plusieurs stations profitent des larges plages de sable bien abritées, tandis que des ports de pêche très actifs ont été aménagés à l’abri de longue digues de granit. Architecture mêlée pierre/maçonnerie, avec prédominance pour un granit à gros grain et souvent blond d’un fort bel effet, y compris dans nombre de maisons neuves bâties en massif ! Je m’arrête un bon moment pour examiner les petits chalutiers dans le port de A Pobra de Caraminal, puis me dirigeant vers la pointe à Ribeira, repère la petite route grimpant les 498 m du mirador de la Curota. Vu époustouflante de là-haut sur les deux rias et l’océan, malheureusement un peu atténuée par la quasi disparition du soleil sous l’ombre de gros nuages gris et noirs qui ont assez rapidement pris le dessus sur le ciel bleu. Il est presque 14:00, je me confectionne un repas chaud avant de discuter quelques minute avec un ccariste français grimpé lui aussi jusqu’ici avec son lourd Welcome, et me fait part de son projet de voyage en Turquie - alléchant -. J’escalade ensuite l’escalier assez raide  genre chemin muletier qui mène tout en haut, au pied des antennes, où la vue est réellement à  360°, prend quelques photos qui manqueront probablement de lumière, puis redescend tranquillement les nombreux lacets pour gagner Ribeira (autre port de pêche et plage) passé rapidement puis enfin Corrubedo et le Cabo homonyme qu’on a équipé d’un phare. Lieu isolé, grosses vagues se brisant sur les rochers, sentiment d’être bien loin de l’Europe civilisée, vers l’une de ses pointes dirigées vers les Amériques… La lumière glauque et le vent assez frais me font écourter mon petit tour, le rattrape l’autre route côtière AC 550  qui suit cette fois la Ria de Muros y Noia, au nord ouest.

Quelques autres petites stations et ports de pêche, je passe la vile de Noia où je ne m’attarde pas, voulant me rapprocher au maximum de Santiago tout en cherchant à poser mon bivouac dans un village plus modeste. Les espaces sont mesurés et les parkings à l’écart de la route rares…  je finis par enfiler une petite route qui dessert l’Hôtel de Termes à Guitiande, une douzaine de kilomètres avant Santiago. Emplacement assez encaissé en bordure de rue, mais je quitterai tôt demain dès le lever sud soleil (assez tardif vue le décalage du fuseau horaire par rapport à Madrid),et le trafic semble très limité. Stores fermés et préparation du souper dès 18:30, à la tombée du jour.   En soirée long message à Olivier, tentative de consulter nos compte à la BNP (Monique ne trouve pas la page des relevés, et je n’arrive même pas à initialiser les compte (PW inexacts ?). Chargement des quelques photos peu satisfaisantes de la journée, et coucher à 23:30 dans un profond silence, une fois n’est pas coutume !


17 147    Mardi 22 janvier 2019 : de GUITIANDE à de RINLO  (avan. RIBADEO) (266 km)


Ciel très gris et sombre au lever à 8:30, j’ai  bien peur que la période faste de mon séjour ibérique arrive à sa fin avec l’entrée dans le «vrai» hiver local, particulièrement celui de la côte nord atlantique. Il ne fait pourtant pas très froid, mais plutôt très humide, et en l’absence de soleil…

Je me dépêche de prendre ma douche, m’habiller et déjeuner pour être au coeur de Santiago en début de matinée. Las, toutes les places sont déjà prises autour de la ville ancienne (il n’est de toute façon pas question d’y pénétrer avec un véhicule aussi gros que le mien (et pourtant…). Je fais donc deux fis le tour des boulevards entourant le coeur médiéval, me décide à prendre une voie perpendiculaire qui s’éloigne du centre (Rua de San Roque) et m’enfile sur la première petite rue qui la coupe en apercevant des places libres… Évidemment ces espaces sont réservés au résidents, mais à cette heure cela ne devrait pas poser trop de pb, et toute façon je n’ai pas le choix, les quelques parkings près du centre ville étaient tous couverts.

Consultant le GPS je prends soin de noter mon emplacement, puis repère la cathédrale au coeur du labyrinthe des ruelles anciennes. Sans plan cela ne sera pas évident, mais j’ai finalement beaucoup de chance -  et de nez… - et errant approximativement dans sa direction, profitant du spectacle fort bien préservé de la ville toujours vivante et commerçante, sans que  les touristes prenne la part du lion… encore que les innombrables boutiques de souvenir en se rapprochant de la cathédrale, presque toutes plus hideuses les unes que les autres,  finissent par lasser. Cet autre tour dans le grand vaisseau de pierre, structure romane mais très riche décor baroque autour du choeur et au-dessus de la chasse en argent figurant le buste du Saint qui trône sur l’autel et, en dessous en crypte, autour de la chasse en argent ciselé conservant les restes de St Jacques. Les deux orgues aussi, haut perchés de chaque côté de l’entrée du choeur, sont magnifiques, et l’ensemble des proportions de cette autre merveille du monde à inscrire dans tous les catalogues des trésors de l’humanité. Je ne me lasse pas d’aller et venir dans ce très vaste espace jusqu’à ce que, après une brusque illumination qui avive ors et couleurs, un gardien prie les visiteurs de se retirer pour laisser place aux fidèle venus assister à la messe de midi. Je quitte à regret, en récupérant in extremis à la sacristie ma chapka tombée en cours de route, mal accrochée dans mon manteau.

En sortant je fais un petit tour aux alentours, puis décide que je ne peux profiter de mon passage en Galice sans avoir recours à un guide convenable. Je me fais donc indiquer dans une première librairie qui n’a aucun article de ce genre, un collègue susceptible de vendre le Guide Vert. Mon trajet suit celui qui me ramène à mon stationnement, et me fait découvrir d’autres vieilles rue selles aussi bien dignes d’intérêt. Accueil charmant de la libraire qui tient bien toute une étagère de Guides Michelin, mais tous en espagnol bien sûr… et quelques autres en anglais qui ne reviennent pas.  Elle m’indique sur un plan de la ville qu’elle me remet une autre librairie, à l’autre bout de la vieille ville ! J’hésite un peu, puis décide d’ aller jusqu’au bout de ma quête, sans me faire trop d’illusions… C’est pour moi une autre occasion de parcourir d’autres vieilles rues, guère différentes, mais chacune avec ses magasins et quelques détails particuliers (et un autre choix de souvenirs atroces…). Finalement comme je m’y attendais, «Les Pages Folles» ont bien quelques Guides verts d,Europe, mais aucun en français…

Il ne me reste plus qu’à faire tout le trajet dans l’autres sens pour regagner la Rua San Roque en prenant quelques autres photos et sous la pluie qui s’intensifie, mais surtout en ayant hâte de me reposer, cette longue marche de plus de 7 km me suffisant pour aujourd’hui. Heureusement j’ai cette fois mis mes chaussures de marche, plus lourdes mais nettement plus confortables que mes mocassins noirs !

Il est passé 14:00, l’heure de prendre un bon lunch suivi d’un café parfumé et bien chaud, puis de décider où tourner mes roues. Faute de guide il me sera impossible de faire des choix éclairés le long de la côte, et encore, s’il faisait beau. Mais la consultation de la météo sur mon téléphone, et surtout de la carte Ventusky sur mon ordi montre une évolutions déplorable de la météo européenne, sans compter les avertissements de neige en France…  Seule la petite régions entourant Vence semble miraculeusement épargnée…  J’en conclus que ma tournée ibérique arrive à son terme et qu’il est temps de me rapprocher de la Méditerranée.

Je prends donc sans retard la direction d’A Coruña, puisque j’emprunterai l’Autovia de la Cantabrique pour regagner la France, et qu’elle part de là. Auparavant je devrais parcourir les 70 km qui m’en séparent sur la N550 qui seraient agréables si la lumière n’était aussi ténue. Entre en ville par un bout d’autoroute très rapide, ensuite c’est galère pour traverser son entassement et ses rues fort encombres jusqu’à son extrémité nord où je veux aller revoir la Torre d’Hercules : sa haute structure carrée  de 55 m, dont 34 mètres correspondent au travail de la maçonnerie romaine et 21 mètres à la restauration effectuée en 1791, lorsque l’on a ajouté à la tour deux formes octogonales en son sommet. Elle se trouve magnifiquement isolée au milieu d’un parc entouré par la mer, dominant une butte herbeuse de 57 m battue par les vents. Stationnant en avant du parc, j’enfile anorak et chapka pour me lancer dans le vent et la pluie qui fouette, et gagner la base de la tour, Mais le mauvais temps a fait interrompre les visite, j’arrive deux heures trop tard et en serai quitte pour un bon bol d’air avant de reprendre la route !


Le GPS me guide cette fois sans encombre pour rattraper l’autoroute d’accès puis enfiler ensuite l’autovia A6 E70 à l’intérieur des terres. Il pleut et il vente, au moins au volant je suis à l’abri et au chaud. Je surveille du coin de l’oeil le compteur de Coulomb nouvellement installé qui me permet de suivre très précisément la recharge de la batterie. Je remarque encore la faiblesse de l’ampérage fourni par l’alternateur (autour de 10 A), particulièrement évident aujourd’hui où la contribution des panneaux solaires est quasiment nulle. La route file, le soir descend, je bifurque vers la nord sur la A8 près de Vilalba et vers 19:30, finit par rattraper la côte une vingtaine de km avant Ribadeo.

Fatigué par mes marches et par le temps froid, je sors dès que possible pour aller chercher un bivouac paisible près du rivage dans le village de Rinlo, à l’écart d e l’autoroute et du chemin de fer, mais dans les rafales de vent et de pluie qui souffle en tempête. Souper, journal, message en réponse à Olivier qui désespère de voir le bout de ses travaux  et transfert des photos, je me hisse dans ma couchette à 23:30.


17 393     Mercredi 23 javier 2018 : de RINLO à PUENTE LA REINA DE JACA (628 km)


Nuit des plus silencieuses sur la place/rue déserte de mon hameau, n’était-ce les rafales du vent qui fouette de pluie le toit de l’Exsis, et la rumeur profonde de l’océan à quelques centaines de mètres. Lever dans la nuit vers 8:00 pour décoller à 9:00, direction Est. (où il ne fera pas meilleur selon la carte météo Ventursky…).

Coup d’œil au coulombmètre : batterie à 76%, il lui faudra près de 2h30 de route pour atteindre le 100%, compte tenu du faible (0,6A !) rendement des PV. Curieusement ce 100% s’affiche sous 13,6, V, puis le voltage continue de monter tandis que l’ampérage décroit pendant une bonne demi-heure, jusqu’à décrocher complètement après une brève apparition du 14,3 V (ampérage à moins d’1 A). Il faudra que je continue à investiguer le fonctionnement de cet alternateur… ou de son contrôleur.

Je roule sans arrêt sinon pour m’arrêter une première fois pour prendre du GO (1,09 €/l, pas mal) puis 2 h plus tard pour me faire un café. Je consulte aussi les cartes et vu le temps pourri qui ne fait que s’accentuer (pluie, brume, vent…) et me fera à peine apercevoir les Picos de Europa dont les haut disparaissent dans les nuages, je décide de rentrer directement en France direction Vence comme annoncé hier à Olivier, mais en faisant un détour vers Muret pour voir Sophie et consorts. J’éviterai la zone de San Sebastian et Bayonne, de bien mauvaise mémoire,  emprunterai le tunnel de Bielsa pour éviter (en autant que faire se peut !) des aléas neigeux dans le franchissement des Pyrénées. Je poursuis donc, dépasse Oviedo et m’arrête vers 13:00 pour un solide déjeuner : salade composée (+ pomme et reste de fois de morue), poisson blanc sauce citron sur son lit de riz, et compote de pommes accompagnés de quelques galettes bretonne… Rassasié, je reprends ma route à 14:00 après avoir appelé Monique, puis Sophie à Muret, avec laquelle je prends rendez-vous pour demain soir.

Ensuite je roule sans m’arrêter jusqu’à Bilbao où je refais le plein sur une station affichant le litre de GO à 1,089 € !  Je repars aussitôt, les kilomètres continuent de défiler, vers Vitoria-Gasteiz, puis Pamplona, la plupart du temps en autovia très rapide, sinon sur quelques tronçons de nationale excellente, le «doublage» étant en autopista  à péage. À Pamplona je tâche de trouver du GPL, sans succès; je continue alors sur l’Autoroute des Pyrénées, qui me permet de filer vers Jaca dont j’ai fait mon objectif pour ce soir. 
À partir de là demain je monterai plein nord pour passer en France par le Col  du Somport (le tunnel plutôt !), la route A 138 menant à Bielsa semblant coupée par des congères à plusieurs endroits.

Le temps passe, la nuit tombe, aussi à 19:00, fatigué par cette longue route et ce temps pourri, je préfère m’arrêter sur une place au centre du village de Puente la Reina de Jaca, d’où je compte décoller tôt demain matin. La pluie qui n’a pas cessé de la journée se poursuit, je soupe rapidement, jette ces quelques lignes et me couche, après avoir recueilli sur les sites officiels d’inforoute le maximum d’info. En souhaitant qu’elles soient fiables !


18 021     Jeudi 24 janvier 2019

Suite : de JACA à L'HOPIDALETTI (France)
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